Czére Andrea szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei (Budapest, 2008)

STÉPHANE LOIRE: Nicolas Vleughels (1688-1737) a Budapest: La Prise de Possession Pontificale du Pape Clément XI (1701)

nom du peintre et le tableau ne figurait même pas dans la monographie sur l'artiste publiée en 1977. 8 En 1999, Valter Curzi remettait en cause l'identification du pape avec Alexandre VIII Ottoboni, dont l'élection eut lieu le 6 octobre 1689 et la Prise de possession quelques jours plus tard, le 23 octobre. 9 Des descriptions détaillées de cette procession précisent en effet que le pape, bien âgé puisqu'il était né en 1610, prit part à la cérémonie non pas à cheval mais assis sur une litière. 10 De plus, revenant sur l'attribution du tableau à Trevisani dont il ne retrouvait ni « le style gracieux, élégant », ni les « intentions pittoresques et la manière de peindre », Curzi voyait ici l'œuvre d'un peintre romain ou français travaillant à Rome à la fin du XVII e siècle, des souvenirs précis de Raphaël, du Dominiquin et de Nicolas Poussin invitant selon lui à le donner à « un jeune peintre, peut-être français ». L1 Par la suite, ces remarques ont été reprises par Zsuzsa Dobos qui a relevé « la pureté des couleurs et la régu­larité de la facture [qui] témoignent du classicisme de l'artiste, tout comme les emprunts à Dominiquin et à Poussin »; elle soulignait d'autre part « le manque d'assurance dans l'or­donnancement des groupes et le modelé parfois un peu figé de certaines figures », des obser­vations renforçant la thèse de Curzi selon laquelle ce tableau serait « l'œuvre d'un maître au tout début de sa carrière ». 12 Toutes ces observations avaient le mérite de cerner assez bien le style de ce tableau en insis­tant sur son classicisme sans raideur, sinon même un peu désinvolte, qui adapte ici avec sou­plesse et une volonté narrative affirmée les précédents de Raphaël, du Dominiquin et de Poussin; il était raisonnable d'autre part d'y reconnaître une œuvre exécutée à l'extrême fin du XVII e siècle, la facture assez libre, la juxtaposition des couleurs franches comme le carac­tère relativement imprécis des physionomies lui donnant même un certain manque de gravité permettant de la situer au-delà de 1700. Il était donc tentant de chercher son auteur parmi les jeunes peintres français présent en Italie au tournant du siècle et plusieurs caractéristiques styl­istiques de cette peinture suggéraient de la restituer à Nicolas Vleughels. Artiste de second plan d'ascendance flamande, formé à Paris puis en Italie, il occupe cependant une place essen­tielle dans l'histoire de la peinture française du XVIII e siècle. Né à Paris en 1668, il découvrit l'Italie, après avoir échoué au concours du Grand prix de Rome en 1694. Un premier voyage le mena dans la Ville éternelle où il serait parvenu dès 1703, puis à Venise où il arriva en 1707. A Modène en 1712-1713, puis sans doute à Parme, il semble avoir passé plus de dix ans outre­monts et ce premier séjour, riche en découvertes artistiques et en relations stimulantes, fut capital pour la suite de sa carrière après son retour à Paris en 1715. Très tôt surnommé « le geai de la peinture » pour sa facilité à réemployer des motifs empruntés aux maîtres, en par­ticulier Veronese et Rubens, 1 ' très vivement critiqué par Pierre-Jean Mariette en raison des

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