Czére Andrea szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei (Budapest, 2008)
STÉPHANE LOIRE: Nicolas Vleughels (1688-1737) a Budapest: La Prise de Possession Pontificale du Pape Clément XI (1701)
cette toile; en 1812, elle figurait déjà dans sa collection sous le nom de Trevisani et cette attribution se retrouve dans plusieurs catalogues du musée. 3 Le tableau représente un moment d'une Prise de possession (possesso) d'un pape nouvellement élu, une appellation faisant référence à la cérémonie au cours de laquelle celui-ci se rendait de la basilique Saint-Pierre à celle de Saint-Jean-du-Latran, cathédrale de Rome et du monde, afin d'y prendre possession des clefs de l'édifice et de s'unir symboliquement à l'Eglise. Ce rituel avait été introduit au XV e ' siècle par Sixte IV (1470-1484) mais c'est avec Jules II (1503-1513) seulement qu'il fut distingué de celui du couronnement, avant de se fixer sous le pontificat de Sixte V (1585-1590). 4 Quelques semaines, voire plusieurs mois après son élection, le souverain pontife allait d'un édifice à l'autre accompagné d'un long cortège solennel comprenant tout l'appareil d'état, ambassadeurs étrangers, nobles, cardinaux, évêques et prélats de tous rangs, fonctionnaires des états pontificaux ou municipaux, et membres de la « famille » du pape, qui serpentait à travers la Ville éternelle selon un parcours qui resta à peu près inchangé jusqu'au début du XIX e siècle. Affirmant son nouveau pouvoir auprès de toute la population romaine, prenant pour témoin de son investiture officielle la cité en fête, la cérémonie consacrait son élévation du rang de cardinal à celui de nouveau souverain pontife en le faisant passer sous divers arcs de triomphe. Après être allée sous l'arc provisoire dressé pour cette occasion sur le Capitole puis, à partir du milieu du XVII e siècle, sous celui offert par la famille Farnèse et placé face à la ville familiale, entre le Campo Vaccino et le Palatin, la procession s'engageait sous deux autres structures éphémères analogues, puis sous les arcs de triomphe antiques de Septime Sévère, de Titus et de Constantin : ce parcours symbolisait la continuité entre la Rome impériale et la Rome pontificale et, par extension, celle, de la légitimité du pouvoir des papes. Répétée tout au long de l'époque baroque, l'ordonnance de ce « triomphe » pontifical s'apparentant à ceux des empereurs antiques et à ceux de la Renaissance a donné lieu à des descriptions imprimées détaillant les noms, les fonctions et la succession des participants, ainsi qu'à des images peintes ou gravées restituant le faste des cortèges pontificaux'' (Fig. 2). Dans une composition en frise semblable à celle d'un sarcophage antique, le tableau de Budapest (Fig. 1) montre une partie seulement des participants à la Prise de possession du nouveau pape. Au premier plan, partiellement plongé dans l'ombre, des spectateurs assistent au passage du cortège pontifical : il y a là des hommes debout dont l'un joint les mains, une femme assise allaitant un enfant, une seconde qui désigne ce spectacle à un jeune enfant, et d'autres encore qui se sont agenouillées au passage du souverain pontife. Chevauchant un cheval blanc recouvert d'une longue tenture rouge brodée d'or, celui-ci porte l'habit cardinalice; bénissant de la main droite la foule rassemblée sur son passage, il est sur le point de s'en-