Csornay Boldizsár - Dobos Zsuzsa - Varga Ágota - Zakariás János szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 100. (Budapest, 2004)

NAGY, ISTVÁN: Une stele magique de la Collection Égyptienne

dangers incarnés dans ces animaux. Mais ce procédé fut difficile à réaliser: la lec­ture des hiéroglyphes ayant été le privilège d'un nombre très restreint de personnes, la plupart des gens ne savaient pas s'en servir. 68 Il a fallu donc trouver un procédé simple et accessible à tous: le lavage de l'objet. L'eau versée sur toutes les surfaces des cippes s'imprégnait des vertus magiques des images et des textes. Il a suffi de boire cette eau recueillie dans un vase pour obtenir le résultat espéré. Un bel exem­ple de ce procédé peut être observé sur une pièce du Musée du Caire. 69 Cette stèle est dressée sur un large socle rectangulaire. Sur la face supérieure du socle, tout autour de la stèle, fut creusée une rigole aboutissant à un bassin de forme ovale. L'eau ruisselante conduite par cette rigole fut recueillie dans le bassin où on a pu la puiser facilement. 70 Les pièces de petite taille furent tout simplement placées dans un récipient contenant de l'eau. 71 Dans certains cas, l'eau assimilant cette vertu magique pouvait être obtenue sans l'utilisation même de ces cippes: les images et les formules habituelles des stèles d'Horus furent tout simplement gravées sur les vases mêmes. 72 L'aspect solaire Au-delà de cet usage pratique, les stèles d'Horus avaient une signification my­thologique dépassant le cadre d'une protection magique contre des animaux nui­sibles. Parmi les images décorant de nombreuses stèles, plusieurs sont d'aspect 8 On estime à 1 % le chiffre de la population susceptible de lire les hiéroglyphes, cf. J. Baines - C. Eyre, Four Notes on Literacy, GM 61 (1983), pp. 65-96. La méconnaissance des hiéroglyphes n'était pas un phénomène rare même parmi les lapicides participant à la confection de ces stèles, cf. H. Sternberg-el Hotabi, CdE 69, fasc. 138 (1994), pp. 218-248. 9 Le Caire CG 9402: Daressy, op. cit. 1903 (n. 1 l),pp. 10-11, pis. II—III; cf. Lacau, op. cit. 1921-1922 (n. 15), pp. 195-201, pl. XVI. 0 Le même dispositif peut être observé aussi sur des "statues guérisseuses", cf. Lacau, ibid., pp. 191-194, pl. XV (Le Caire JE 46341). Sur la "statue guérisseuse" du Louvre (E. 10777), on voit l'inscription suivante gravée à l'emplacement du coeur: "Cet homme qui boit cette eau, fais que son coeur que voici, sa poitrine que voici soient fortifiés grâce à ces protections magiques qui lui sont acquises. Le venin n'entre pas dans son coeur que voici, il ne brûle pas sa potrine que voici car Horus c'est son nom, Osiris c'est le nom de son père...," etc.: G. Andreu, - M-H. Rutschows­kaya,- Chr. Ziegler, L'Egypte ancienne au Musée du Louvre, Paris 1997, p. 204. Au "sanatorium" de Dendéra, les patients se baignaient dans l'eau imprégnée des vertus de la statue magique, cf. F. Daumas, Dendéra et le temple d'Hathor, RAPH 29, IFAO, Le Caire 1969, pp. 79-81. On croyait d'ailleurs qu'en caressant ou touchant les stèles, le contact physique même pourrait renforcer l'effet bénéfique de l'objet, cf. Lacau, op. cit. 1921-1922 (n. 15), 194-195; Satzinger, op. cit. 1987 (n. 15), p. 199 et n. 15; Kákosy, op. cit. 1999 (n. 15), p. 16. 1 L'idée d'obtenir une protection magique par le breuvage d'un liquide remonte d'ailleurs à des époques beaucoup plus anciennes, cf. De Buck, op. cit. 1938 (n. 45) p. 345 g-i (= Spell 341); Ritner, op. cit. 1989 (n. 14), p. 107. 2 F. W. von Bissing, Steingefässe (CGC), Vienne 1904, pp. 97-98, pl. III (CG 18490); C. Andrews, A Stone Vessel with Magical Scenes and Texts, in Clarysse - Schoors - Willems, op. cit. 1998 (n. 15), pp. 297-310, pis. I—II.

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