Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 88-89.(Budapest, 1998)
PÓCS, DÁNIEL: Giovanni Battista Naldini: Les Trois Grâces avec Amour. Un maniériste florentin sur la trace de Botticelli, Raphaël, Borghini
16. Giovanni Battista Naldini : Les Trois Grâces avec Amour, détail (tête de la Grâce de gauche). Budapest, Musée des Beaux-Arts critique dans son Discorso lorsque, par la bouche de Pietro Aretino, il se réfère précisément à Raphaël : « senzaché io vi ritorno a dire che in lutte le sue opère egli uso una varieta tanto mirabile, che non e figura che né d'aria né di movimento si somigli, tal che in cio non appare ombra di quello che da 'pittori oggi in mala parte e chiamata maniera, cioe cattiva pratica, ove si veggono forme e void quasi sempre simili. » 21 Face à cette attaque à caractère idéologique, les artistes comme Naldini savaient pertinemment bien que la répétition des physionomies et des gestes n'est pas absente de la production de Raphaël non plus. Gombrich attire cependant notre attention sur le fait que Raphaël affirmait dans une de ses lettres avoir suivi dans le beau visage de Galatée un idéal intérieur alors que, comme nous l'avons vu, il en avait déjà peint auparavant de semblables. 22 La vraie différence entre lui et (aussi) Naldini vient de ce que l'idéal raphaélien constamment variable, fruit de l'invention, se transforme chez ses suiveurs en un méchanisme de création se conformant à des canons esthétiques convenus, qui constitue la base même de leur méthode de travail. 23 Cependant Naldini ne fut pas le seul à se servir du regard ravi de Galatée, de ce visage qualifié d'idéal par Raphaël. Un siècle plus tard, Charles le Brun en avait fait une tête d'expression, illustrant Le Ravissement. 24 21 Lodovico Dolce : 'Dialogo délia Pittura intitolato 1*Aretino...', sous la direction de Barocchi, P. . Trattati d'arte del Cinquecento, - fra Manierismo e Controriforma 1, Bari 1960, p. 196. 22 Gombrich, loc.cit. (n. 18). 23 Pour les différences des pratiques picturales Renaissance et maniériste v. Freedberg, S., Observations on the Painting of the Maniera, The Art Bulletin 47 (1965) p. 188. 24 Gombrich, E. H., Art and Illusion, London 1962 2 , 295 et fig. 286.