Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 88-89.(Budapest, 1998)

BENCZE, ÁGNES: Terres cuites de Medma

anathèmes d'Aphrodite le sont du site locrien de Centocamere. Sur la vie religieuse de Locres aux VI-V eme siècles av. J.-C. c'est la théorie de M. Torelli qui paraît être la plus convaincante. Il a supposé un système de cultes basé sur la dualité de Perséphone­Aphrodite et sur le contraste entre le Persephoneion situé sur une colline et le sanc­tuaire d'Aphrodite situé dans une plaine sur la côte. 29 Quant à Hipponion, M. C. Parra explique la situation des sanctuaires comme étant le parallèle du système supposé à Locres. 30 Il est donc possible que dans les subcolonies de Locres l'organisation des sanctuaires, au moins en partie et jusqu'au milieu du V eme siècle av. J.-C, reflétait le système de leur métropole. Mais un tel parallèle n'est pas bien clair dans le cas de Medma: il est difficile de rattacher à un culte précis les sanctuaires de Calderazzo archaïque-classique et de S. Anna, parce que leurs ex voto peuvent se rapporter à plu­sieurs divinités. Aussi n'est-il pas possible aujourd'hui d'affirmer sur la base d'argu­ments solides le rôle dominant de telle ou telle autre divinité. 31 La question de l'identification des ex voto les plus caractéristiques de Calderazzo, à savoir les figurines assises, est encore à résoudre: au cours des fouilles de 1913, Orsi a rapproché certaines variantes de Persephone, d'Aphrotie ou encore de Déméter-Gaia. 32 Th. Hadzisteliou Price identifie toutes les variantes à Persephone. 33 Cette hypothèse est renforcée par un aspect sur lequel on a peu insisté jusqu'à aujourd'hui: la ressem­blance entre la figurine assise et la Reine d'Au-delà représentée sur les pinakes locriennes. Toutefois, la ressemblance entre la figurine assise et la Reine représentée sur les pinakes locriennes mérite d'être soulignée, ressemblance qui jusqu'ici n'était pas assez développée. La figurine modelée paraît être la réplique exacte en trois di­mensions de la Persephone assise des reliefs. Leurs attributs montrent de très nom­breuses analogies : le vêtement (un chiton à plis fins tombant jusqu'à terre, un péplos couvrant les épaules, les bras, le dos et quelquefois la tête aussi), la plupart des élé­ments du trône et du tabouret pour les pieds, et en particulier les attributs (coq, co­lombe, phialé, coffret rituel) posés dans les bras de la figurine. Même si l'on ne peut pas prouver avec certitude que le sanctuaire de Calderazzo était celui de Persephone, il est tout de même incontestable que la Persephone vénérée sur la colline de la Manella à Locres, a été représentée à Medma suivant le même schéma (et avec un succès riva­lisant avec celui de la métropole). Alors que l'existence de la production de terres cuites est indiscutable à Medma, il n'y a toujours pas d'opinion commune concernant une question essentielle: est-ce que l'importance de cette production se réduit à une imitation de qualité inférieure des formes locriennes, 34 ou bien est-ce que la subcolonie elle-même disposait d'une pro­duction de terres cuites d'un style autonome, et dès lors on pourrait parler des statuet­tes stricto sensu «de Medma»? Autrement dit, dans quelle mesure le style de l'artisanat 29 Torelli, M., I culti di Locri, in Locri Epizefiri. Atti Taranto 16 (1976), Napoli 1977, pp. 147-183. 30 Parra, M. C, / culti a Hipponion, in Lattanzi et al. (réds.), op. cit. pp. 139-141. 31 Aa. vv. in Lattanzi et al. (réds), op. cit. pp. 99-109. 32 Orsi, in NSc 1913, id. pp. 96-98. 33 Hadzisteliou-Price, Th., «The Groves of Persephoneia...» - A Group of «Medma» Figurines, Antike Kunst 12(1969) pp. 51-55. 34 C'était l'opinion de C. Sabbione, in// commercio greco nel Tirreno in età arcaica (Atti delseminario in memoria di Mario Napoli), Salerno 1981, pp. 15-34, surtout p. 21.

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