Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 88-89.(Budapest, 1998)

SZENTKIRÁLYI, MIKLÓS: Die Konservierung und Restaurierung des Krafft-Gemäldes

Au moment de son entrée au Musée des Beaux-Arts en 1927, la miniature, plissée et noircie, sans châssis ni papier de fond, avait un cadre orné. Le plissement et la moisissure apparue ici et là sont probablement le résultat de l'humidité ayant endom­magé le châssis. Les taches noirâtres se sont formées indépendamment de ce facteur atmosphérique, sous l'action prolongée de la pollution environnante (fig. 67, 69). Le but de la restauration a été la conservation du support et le rétablissement des qualités esthétiques de la surface. Après avoir sorti l'œuvre de son cadre orné, j'ai tout d'abord procédé à son dépoussiérage par des moyens mécaniques, puis à l'élimination des traces de colle, de papier et d'éclisse au verso à l'aide de l'eau distillée et du vinaigre de vin. Le test de solubilité des pigments a été suivi de la réhumidification et du lissement de la feuille. Le parchemin a été placé de dos sur un papier filtrant, imbibé d'une solution alcoolique de carbamide à 10%, puis serré entre des couches de feutre et de vetex. J'ai répété l'opération durant une semaine, tout en séchant à chaque fois la sur­face. Venait ensuite l'élimination des noircissures dans le blanc de plomb par l'applica­tion d'une faible solution d'eau oxygénée à l'alcool ammoniacal à la surface devenue lisse, mais pas encore entièrement desséchée et stabilisée. Après ce traitement répété avec prudence, les couleurs ont retrouvé leur éclat original, et on a vu apparaître au fond, sur le côté d'un bâtiment, le monogramme « I.B. » de l'auteur (fig. 70). La sur­face lissée, désinfectée et soumise à un traitement de conservation présentait en bas et aux extrémités latérales une solution de continuité, dues au repliement des bords et à la moisissure. Ces manques ont été comblés par l'incrustation de morceaux de parchemin semblables à l'original, et renforcés de derrière par du papier japon. Pour prévenir l'ondulation ultérieure, la colle utilisée était de type méthacrylique à faible teneur en eau /Plextol/. La feuille était ensuite pressée à nouveau et, pour finir, retouchée à la détrempe additionnée d'un peu de bile de bœuf. Sur le support ainsi graissé, on pouvait étendre plus aisément les couleurs. Les artistes du XVIII e siècle utilisaient déjà la bile de bœuf pour faciliter la mise en place des pigments et leur séchage. Un peu de gomme arabique m'a permis de rapprocher la tonalité des complètements retouchés de l'ini­tiale (fig. 68). Étant donné qu'il n'est pas toujours possible de conserver le parchemin dans des conditions idéales, j'ai tendu la feuille sur un carton muséologique neutre à l'aide d'une bande de papier japon. Le tout a ensuite été recouvert d'un autre carton biseauté ouvra­ble, également neutre, dépassant de 2 mm les bords tendus. Dans sa boîte de conserva­tion, la miniature ainsi traitée se trouve bien séparée de l'objet d'art disposé au-dessus d'elle et, exposée, elle gagne en valeur esthétique. ISTVÁN PANKASZI Traduit par Judit Chehadc

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