Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 88-89.(Budapest, 1998)

SZENTKIRÁLYI, MIKLÓS: Die Konservierung und Restaurierung des Krafft-Gemäldes

RESTAURATION D'UNE MINIATURE PEINTE SUR PARCHEMIN DU XVIII E SIÈCLE Cette miniature de petit format représentant une famille aristocratique entra dans la collection de notre musée en 1927. Bien qu'elle ne portât ni signature ni monogramme, on l'attribua traditionnellement à Ignaz Bottengruber, un artiste natif de Wroclav de la première moitié du XVIII e siècle, connu avant tout comme peintre sur porcelaine. La miniature de Budapest fut, de manière passablement inhabituelle, exécutée sur parchemin, et l'auteur y avait utilisé de la gouache. Conservée depuis son acquisition derrière une vitrine et dans son encadrement original, l'œuvre a dû en être sortie et munie d'un passe-partout pour empêcher sa dégradation ultérieure. Pour le restaura­teur la spécificité de la tâche consistait en le traitement d'un support extrêmement fragile, à savoir le parchemin. C'est la peau brute, pelée et séchée d'un quelconque animal à sang chaud, utilisée en premier lieu pour l'écriture puis, depuis l'Antiquité, pour la reliure. Appelée d'abord «diphtera» en grec et « membrana » en latin, elle n'est désignée couramment par le mot de « parchemin » qu'à partir du IV e siècle de notre ère. Le plus souvent on utilisait à cette fin la peau de mouton, de chèvre et de veau (dans ce dernier cas, on parlait de « velin »). Initialement, c'est toute l'épaisseur de la peau qui servit à la préparation du parchemin. Plus tard, on la refendit en deux, d'une part, pour l'écriture (côté chair), de l'autre, pour la reliure (côté poils). Le parchemin se compose du collagène fibreux et d'une substance gélatineuse qui assure la cohérence du tissu. A la différence du cuir, il ne contient pas de produit de tannage destiné à la conservation des éléments structuraux. C'est ce qui explique la faible résistance du parchemin aux variations de la température et surtout à l'humidité. D'après les examens effectués, les conditions optimales pour la conservation du parchemin correspondent à une teneur en humidité de 50 à 60 % et à une température de 18 à 20 degrés. Il convient donc de le garder dans un milieu tempéré et non pollué. Au cours du séchage et de la tension, les fils de collagène s'étirent parallèlement à la surface de la peau, lui permettant d'être refendue mais, sous l'effet de l'humidité, le parchemin se déforme, gonfle et s'ondule. Il suffit d'un écart de 1 à 2 % par rapport aux valeurs indiquées plus haut pour altérer l'aspect d'un parchemin qui, desséché, se tord, se rétrécit, se fragilise, et, trop humide, est menacé d'ondulation, de moisissure et, en définitive, d'une « gélatination » irréversible. Les catalyseurs de ce dernier processus sont les bactéries et les champi­gnons présents aux surfaces poussiéreuses. Le rétrécissement, la fragilisation dues au dessèchement sont toutefois moins dan­gereux qu'un milieu humide et pollué. Concernant l'objet d'art restauré, nous pouvons faire les constatations suivantes. Il s'agit d'un parchemin de format oblong (291 x 223 mm), légèrement déformé sur les bords. L'examen microscopique (50X) et les spécificités susmentionnées ont per­mis de conclure à un chagrin fortement lissé de part et d'autre. La feuille de petite dimension fut tendue sur un châssis de bois, de façon à y mettre d'abord un morceau de

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