Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 88-89.(Budapest, 1998)
SZENTKIRÁLYI, MIKLÓS: Die Konservierung und Restaurierung des Krafft-Gemäldes
démonté au début de notre siècle et conservés d'abord à Barcelone passèrent ensuite aux mains de collectionneurs de New-York et de Londres. 6 Les données biographiques les plus anciennes relatives à Pedro Garcia de Benabarre, retrouvées à Saragosse, datent de 1445 et de 1446, et attestent son séjour et son activité de peintre dans cette ville. En 1455 on le trouve déjà sûrement à Barcelone, où il accepte de succéder à Bernât Martorell, décédé, pour participer à l'achèvement de ses autels. Celui dédié à la Vierge de Montanyana, dont sont issus notamment les panneaux de Budapest, fut réalisé après 1486, soit durant l'ultime période créatrice dite de Barbastro de l'artiste (1480-1496). A cette époque, il possédait déjà un vaste atelier et avait pour collaborateurs, entre autres, Pedro Espalargues, dont on conserve deux panneaux d'autel à Budapest, maître Viella et Juan de la Abadia. 7 L'état de conservation des nouvelles acquisitions réellement monumentales est satisfaisant, surtout celui du panneau représentant saint Paul. Ces œuvres n'étaient encore jamais restaurées, et les réparations se limitent au cadre décoratif sculpté à baguettes dorées, endommagé lors du démontage de l'autel. 8 Les bandes de phrases entourent la figure des apôtres grandeur nature sont comme autant de nimbes répétées. Celle de Pierre comporte l'inscription suivante: Tibi dabo claves regni caelorum (Mt, 16, 19). 9 Le texte faisant allusion à l'élection de Pierre se complète parfaitement par les paroles relatives à la conversion de Paul: Audivit arcana verba, que non licet homini loqui (2Kor, 12, 4). 10 La richesse des détails, le rendu artistique de magnifiques tissus, la perfection de la représentation, la sûreté du dessin et la fixation des traits psychologiques des figures caractérisent également ces deux portraits d'apôtre. Sur les autels réalisés par Garcia de Benabarre on retrouve généralement les rinceaux aux lignes capricieuses remplissant le fond doré. Dans l'œuvre que nous sommes en train d'examiner, l'or est magistralement mêlé à l'argent si l'on observe l'immense glaive de saint Paul ou les ornements miniatures de la robe. Pour représenter les apôtres, l'artiste se conforma par contre strictement aux règles iconographiques, ce qui donne une figure de saint Paul 6 Le catatogue le plus complet concernant les panneaux d'autel a été établi par Gudiol, J.-Alcolea Blanch, op.cit. p. 186, cat. 522. Parmi les tableaux ayant sûrement appartenu à l'autel et dont l'existence est attestée par la photo d'archives, deux ne sont pas localisés (La naissance de la Vierge et l'Annonciation), mais les autres ont été retrouvés. Ce sont la Nativité, l'Adoration des Mages, l'Assomption, la Résurrection, la Mort de la Vierge, le Couronnement de la Vierge, la Visitation et la Purification. Au sommet de l'autel il y avait peut-être un Calvaire, sur le mur supérieur du sanctuaire gothique un Christ sur le Mont des Oliviers et, éventuellement, une Cène et une Arrestation du Christ. Le panneau intitulé Le Christ sur le Mont des Oliviers fut mentionné par Post (op. cit. 1952, pp. 282-283) comme faisant partie de la collection Marius de Zayas (Stanford, Connecticut). 7 Les tableaux signés d'Espalargues de l'exposition espagnole, paraissant aujourd'hui des panneaux de prédelle, ornèrent initialement les vantaux d'un autel. Les deux scènes représentant la Nativité et la Mort de la Vierge ont été assemblées durant les premières décennies de notre siècle par des marchands d'art. On peut se faire une idée de leur format original grâce à la photographie de Y Archivo Más. 8 C'est avec le restaurateur Zsuzsa Kovács que nous avons évalué l'état des œuvres. Qu'elle veuille bien trouver ici l'expression de ma gratitude. 9 « Je te donne les clefs des cieux » 10 « il entendit des paroles indicibles qu'on lui avait interdit de raconter aux humains. »