Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 87. (Budapest, 1997)

PAPP, KATALIN: Edouard von Engert: Le Couronnement de François-Joseph Ier a Buda en 1867

figure de novateur, car la même solution fut adoptée avant lui par le peintre d'histoire autrichien, Johann Peter Krafft, dans son tableau dépeignant le couronnement de Fran­çois I er , et qui devient ainsi « imperceptiblement » partie intégrante de l'œuvre. 26 Ce type de composition fut créé au XIX e siècle par Jacques-Louis David à qui l'on doit Le Sacre de Napoléon (1805-1807). Naturellement, les poses rigides et théâtrales employées par David se sont considérablement assouplies dans la seconde moitié du siècle. Un exemple réussi en est l'œuvre monumentale d' Adolph von Menzel, repré­sentant le couronnement du roi Guillaume I er qui date d'entre 1862 et 1865, soit un peu avant le tableau d'Engerth. 27 Menzel choisit son angle de vue, comme s'il faisait partie des personnalités importantes qui occupent Pavant-plan de la toile. De cette position il semble envelopper du regard le roi, protagoniste de l'événement, et associe ainsi le spectateur à l'univers de l'œuvre. Engerth était bien informé des représentations de ce sujet, pour avoir lui-même entrepris dans sa jeunesse la réalisation d'une telle compo­sition - de très petit format - puisant dans l'histoire autrichienne et commémorant le couronnement de Rodolphe de Habsbourg. 28 Dans son œuvre grandiose, destinée à orner le Palais de Buda, on décèle déjà l'em­prunt timide des derniers résultats, mais il n'a encore pas l'audace de disposer ses personnages de l'avant-plan avec tant de liberté et de naturel que par exemple Menzel. De ce fait, le spectacle peint par lui évoque plutôt une scène de théâtre. Les figures espacées aux mouvements angulaires semblent figées, lointaines. L'importance du cou­ple royal est rehaussée par le contraste entre les larges espaces blancs aménagés autour d'eux et l'encombrement qui caractérise le reste de l'intérieur d'église. Cette intention est encore soulignée par l'éclairage devenant, surtout par la blancheur de la robe d'Eli­sabeth, « le point lumineux » du tableau. Bien que les procédés de composition précé­demment mentionnés mettent réellement en valeur la figure du couple royal, l'artiste s'avéra incapable de donner une quelconque signification, soit par des couleurs, soit par d'autres procédés picturaux, aux espaces blancs qui l'entourent. C'est ainsi que, malgré la répartition équilibrée des groupes dans la scène mouvementée et populeuse, les éléments architectoniques trop prononcés rendent insignifiants jusqu'aux person­nages centraux. Parmi les représentations éternisant les épisodes du couronnement, 29 l'importance du tableau d'Engerth tient à son caractère de document authentique. Cependant, la valeur artistique du Couronnement par Bertalan Székely, 30 pièce d'une série de quatre compositions au pouvoir d'évocation et à l'atmosphère remarquables, est bien supé­rieure à celle de l'œuvre monumentale d'Engerth dont l'importance provient surtout de sa place occupée dans l'histoire culturelle. 26 Cifka, B., BullMusHongrBA 79 (1993) p. 125 et suiv. 27 Keisch, C.-Riemann-Reyher, U. (directeurs de la publication), Adolph Menzel 1815-1905, Das Labirinth der Wirklichkeit, Cat. Staatliche Museen in Berlin, Köln 1997, pp. 206-207. 28 Cat. Engerth, op.cit. (n.16) p.20. 29 Cat. Elisabeth, op.cit. (n.14) - enumeration ponctuelle des dessins, lithographies et gravures sur bois consacrés au sujet. 30 Haulisch, L., Székely Bertalan, Budapest 1964, p. 19. Le tableau - passé en la propriété de la reine - est conservé actuellement à la Galerie Nationale Hongroise.

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