Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 86. (Budapest, 1997)

VADAS, FERENC: Schickedanz au Musée des Beaux-Arts

que dans l'historique et de l'œuvre et de la place également aménagée par lui, alors s'offre une opportunité exceptionnelle où créateur, emplacement et date s'imbriquent plus étroitement que d'habitude en pareilles circonstances. En 1996, on a célébré le 150 e anniversaire de la naissance d'Albert Schickedanz, le centenaire de la loi portant création du Musée des Beaux-Arts et le 90 e anniversaire de son ouverture. Le Palais d'Art, située au côté opposé de la place (dont l'architecte est aussi Schickedanz), a de même atteint l'âge de cent ans, tout comme (si l'on tient compte de la date de l'ordonnance légale le concernant) le Mémorial du Millénaire reliant les deux édifices au plan visuel. Cet ensemble - la place des Héros - constitue l'œuvre la plus importante réalisée à l'occasion du Millénaire en 1896 (millième anni­versaire de la conquête du pays), symbole et monument de la fête nationale hongroise la plus grandiose, autour duquel s'articulaient également les différentes manifestations du récent Millécentenaire. 2 Or pour organiser une rétrospective, il ne suffit pas d'avoir l'occasion et le lieu convenable. Il faut encore avoir de quoi montrer. L'existence des plans, des photos d'époque, des sources écrites et matérielles, sans lesquels une telle entreprise ne peut réussir, n'est nullement caractéristique dans le cas des architectes hongrois du XIX e siècle dont la succession a été généralement perdue, dispersée ou détruite. Même si la possibilité demeure d'évoquer les bâtiments à l'aide de photos récentes, (s'ils subsis­tent, c'est souvent sous une forme remaniée), l'ambiance, l'apport scientifique d'une telle exposition et l'effet qu'elle produirait sur les visiteurs ne seraient en rien compa­rables à ceux d'une manifestation similaire utilisant du matériel d'archives. En ce qui concerne le legs de Schickedanz, il a été conservé pour l'essentiel - non pas intégralement, ni à un seul endroit, mais en la propriété soit des descendants, soit de différentes collections publiques - et permet de reconstituer en gros la carrière de l'architecte. La composition du matériel était favorable pour réussir une exposition. Elle reflète en effet les activités diverses de celui qui réunissait en lui non seulement un architecte et un peintre mais aussi un dessinateur de meuble et de divers objets décora­tifs (diplômes d'honneur, boîtes, médaille commemorative). Parmi ses toiles, il y a des portraits, des paysages, des vues de ville, et on a également conservé de lui des ébau­ches, des études et des carnets de croquis. Sa production architecturale également va­riée comprend des édifices publics somptueux, des monuments (la plupart à l'état de projets non réalisés), des immeubles d'habitation, un nombre considérable de monu­ments funéraires et quelques commandes spéciales (architecture de puits et de ponts, pavillon d'exposition, autel, constructions à l'entrée des stations de métro, projets de serres et de synagogue). Une place importante revient dans son œuvre aux créations situées aux points de rencontre des beaux-arts et de l'architecture : socles de statues, projets de décoration peinte pour édifices publics. Il a fallu évidemment réunir tout ce matériel. Ce travail, qui, normalement, exige la collaboration de plusieurs générations de chercheurs ou d'équipes scientifiques, a été accompli en l'occurrence par une seule personne, Eszter Gábor, en l'espace de 5 à 6 2 L'exposition Schickedanz, au delà de son habituelle importance muséologique, s'est intégrée dans une série de commémorations célébrées à travers le pays, fait nullement négligeable du point de vue du financement des frais d'exposition et du nombre des visiteurs éventuels. S4

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