Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 86. (Budapest, 1997)
CZÉRE, ANDREA: Deux nouveaux paysages de Pier Francesco Cittadini
Pour toute autre évaluation sur l'art de paysagiste de Cittadini, nous en sommes réduits à l'étude de ses dessins. Là aussi, les paysages se combinent souvent avec des' scènes de genre, des architectures, 15 propres à rapprocher de la vie quotidienne le modèle classique de paysage créé par Annibale Caracci et perfectionné par Domenichino, Albani et Grimaldi. L'artiste a dû s'imprégner du goût pour les scènes de genre et pour les paysages déjà à Milan, où le cardinal Frédéric Borromée, directeur suprême de la vie artistique, avait soin d'acheter entre autres les tableaux de Jan Brueghel et de Paulus Bril pour la pinacothèque de l'Ambrosienne fondée en 1619. Sa rencontre à Rome avec les œuvres des paysagistes et des peintres de genre italiens, français et hollandais a certainement rafraîchi ses connaissances dans ce domaine et les a enrichies d'éléments nouveaux. D'après le témoignage de ses dessins, il semble que de l'éventail abondant et varié des modèles potentiels à sa disposition à Rome, il choisit de s'inspirer en premier lieu des peintures de Francesco Mola, de Salvator Rosa et de Gaspar Dughet. Ensuite, il allie les procédés ainsi appris au paysage de Guercino, ayant dû le subjuguer à Bologne. A ce fondement s'ajoute l'enseignement tiré de la manière de Callot, de Stefano délia Bella et de celle des bamboccianti, consistant à insérer des figures de genre au sein d'un paysage. Puisant à toutes ces sources, Cittadini réussit à élaborer un type de paysage caractéristique, capable de concurrencer l'art de ses confrères, une sorte de pastorale trouvant le point d'équilibre entre peinture d'histoire et paysage, ton mythique de l'idéalisme classique et ton épique du réalisme, proche de la vie, pour laquelle se manifeste une demande accrue à Bologne également. La variété des motifs et de style des dessins de paysage de Cittadini rappellent avant tout ceux de Guercino dont les paysages imaginaires, les capricci, exécutés de manière dynamique, décorative, pouvant également suggérer des effets de lumière, ont servi de modèles pendant deux siècles. Néanmoins, comme nous allons le montrer plus bas, les paysages de Cittadini sont plus véridiques, plus concrets et mieux structurés mais aussi moins poétiques. Une vingtaine de dessins de paysage de Cittadini sont conservés à la Royal Library de Windsor, 16 et on a publié plusieurs autres appartenant à différentes collections graphiques européennes et américaines, telles que la collection Fachsenfeld de Stuttgart, 17 le Musée Pouchkine de Moscou, 18 l'Albertine de Vienne, 19 le Prado de Madrid, 20 la Pennsylvania Academy of Fine Arts de Philadelphie et la Maine Bowdoin College 15 Voir Kurz, 0.,Bolognese Drawings of the XVII and XVIII Centuries in the Collection of Her Majesty the Queen at Windsor Castle. With a New Appendix to the Catalogue by Henrietta McBurney, Bologna 1988, figs. 24-29, 31. 16 Kurz, op.cit. n os 163-184 : Il énumère vingt-deux paysages, mais certains d'entre eux semblent étrangers au style de Cittadini. 17 Thiem, C, Disegni di Artisti Bolognesi dal Seicento all'Ottocento délia Collezione Schloss Fachsenfeld e délia Graphische Sammlung Staatsgalerie Stuttgart, Bologna 1983, n os 44-45. 18 Maïskaya, M., I grandi disegni italiani del Museo di Mosca, Milano 1986, n° 48. 19 Chiarini, M., / disegni italiani dipaesaggio (1600-1750), Treviso 1972, n° 53. 20 Mena Marqués, M.B., Dibujos italianos del siglo XVII. Museo del Prado, Catalogo de dibujos VI, Madrid 1983, figs. 85 86.