Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 85. (Budapest, 1996)
SZMODIS-ESZLÁRY, ÉVA: Contribution a quelques problemes régionaux de la sculpture allemande et autrichiennne des XVe et XVIe siecles
représenté une plus grande valeur aux yeux des antiquaires que les statues gothiques qui ne sont entrées dans le commerce d'art que bien plus tard. 27 Nous savons que le relief représentant l'Entrée dans Jérusalem était auparavant situé dans un milieu artistique souabe. De la période précédant les ventes des années 1930, nous n'avons aucune connaissance sur l'origine du relief de Budapest. Nous supposons cependant une origine souabe par sa ressemblance au relief de l'Entrée dans Jérusalem et par son type iconographique largement répandu. La datation du relief de l'Entrée dans Jérusalem - par sa ressemblance au relief de Budapest - s'impose également aux environs de 1520, mais certainement après 1512, date de l'exécution de l'autel de Wettringen. Ceci est justifié par le mode de drapé, héritage de ce dernier. 28 Nous devons également mentionner que - de point de vue iconographique - la représentation se complète par le seau de vin placé dans l'axe principal du relief, symbole du Saint Sang. Cette mise en valeur devait sans doute être en rapport avec le nom de l'autel. L'agneau placé sur la table, ainsi que le seau de vin faisant allusion au sang du Christ possèdent ensemble une signification eucharistique. 29 Le relief de Budapest ne met pas en valeur la figure de Judas, se détachant ainsi de l'iconographie de la plupart des reliefs cités ci-dessus. L'unique aspect faisant la différence entre Judas et les autres personnages est le geste de Jésus se tournant vers lui. Le chien se dressant pour ramasser les miettes tombées a également une signification symbolique qui s'explique par l'histoire de la guéri son de la fille de la femme cananéenne (Matthias 15,22-28 et Marc 7,24-30). Jésus refusa la femme suppliant pour la guérison de sa fille par les mots suivants: «Ma mission est de secourir les agneaux perdus de la maison d'Israël». Lors du dialogue suivant la femme supplia de nouveau Jésus. Jésus la refusa de nouveau par les mots suivants: «Il n'est pas juste de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens.» Mais la femme insista: «Il est vrai Seigneur, cependant les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres» alors Jésus répondit ainsi: «Ô femme, ta foi est grande, qu'il te soit fait comme tu le désires.» Ce dialogue illustre l'aspect universel de la mission du Christ et des Evangiles. La représentation du chien sur le relief de la Cène exprime l'universalité du sacrifice du Christ. Cette interprétation de l'animal représenté est justifié par le fait que les deux scènes - celle de la femme cananéenne et celle de la Cène - présentent des repas. L'aliment possède, depuis son origine biblique, une signification symbolique: celle de la parole du Christ, de plus de la personne même du Christ. Si nous analysons de plus près le comportement du chien représenté sur le relief, nous constatons que le chien ne traîne pas simplement aux pieds des apôtres pour enrichir la représentation, mais il saute énergiquement sur le pied d'un des apôtres pour pouvoir participer au 27 Szmodis-Eszláry, E., La statue de Sainte Odile rattachée aux statues du Maître-Autel de l'église Saint Jacques de Rothenbourg ob der Tauber, BullMusHongrßA 60-61 (1983) pp. 177-181 ; Der nürnberger Bildhauer Simon Lainberger als Mitarbeiter der Maler Friedrich Herlin und Hans Pleydenwurff, Anzeiger des Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg 1982, p. 24. 28 La taille du manteau de saint Jean du relief de l'Entrée à Jerusalem montre une analogie évidente au drapé taillé du Christ portant la Croix se trouvant sur l'autel de Wettringen. cf.Bier, loc.cit.(n.2\) p.139, fig. 3 29 Sachs - Badstübner - Neumann, op.cit. pp. 82,163,229.