Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 83. (Budapest, 1995)
CZÉRE, ANDREA: Contribution a Fart de dessin de Sisto Badalocchio
avec Le dessin de Budapest. On connaît en tout cas des tableaux de l'artiste avec des figures de trois quarts de profil, à la pose et à l'esprit similaires. Il suffit peut-être de rappeler à cet égard la figure de saint Dominique dans L'apparition de la Vierge à saint Dominique au Tatton Park de Grande-Bretagne. 14 Face à l'esquisse rapide du verso, le recto du dessin de Budapest est une étude plus élaborée, réalisée probablement elle aussi, d'après un modèle vivant, mais le pathétique et le recueillement qu'exprime le visage du personnage, en accord avec le sujet représenté, laisse penser que l'étude de la forme se doublait ici avec celle de l'expression. Le drapé du manteau retombant amplement de l'épaule gauche est rendu avec la souplesse propre au Corrège, manière affectionnée par Badalocchio, et constitue quasiment le motif central de cette étude. La figure vue d'en bas, selon un procédé souvent employé par notre artiste, met en valeur le visage ascétique et osseux du saint de trois quarts de profil avec ses grands yeux levés au ciel. La collection Fachsenfeld déposée à la Staatsgalerie de Stuttgart conserve une étude de la Justice, datant de 1613 et exécutée par Badalocchio pour la décoration d'un des pendentifs sous la coupole de l'église S. Giovanni Evangélista à Reggio nell'Emilia (fig. 61 ). 15 Ce dessin est une transcription du style du Corrège, par ce clair-obscur flou qui caractériste son modelé, tout comme la feuille de Budapest à laquelle il ressemble aussi par le rendu et le type de ses formes plastiques. Cette ressemblance se manifeste également à travers le dessin des mains anguleuses quelque peu surdimensionnées et l'importance secondaire des contours par rapport au jeu de la lumière et des ombres des plis. Le grand pli de draperie disposé au centre de la composition, en formant comme l'axe, semble avoir la fonction d'un élément de construction solide qui assemble dans les deux feuilles les menues froissures du vêtement. Le rendu fluide des taches d'ombre a été atteint par l'emploi des hachures denses au crayon alternant l'estompe. Celte manière de Badalocchio s'inspire très concrètement de la conception corrégienne. Comme source d'inspiration, on peut penser d'une part au tableau de petit formai du Corrège, Le Christau Mont des Oliviers (Londres. Apsley House, Wellington Museum), qui se trouvait à l'époque à Reggio nell'Emilia 16 où travaillait aussi Badalocchio. et dont la manière fut également employée dans une étude dessinée (Londres. British Museum). 17 D'autre part, les figures de la fresque du Corrège. ornant la coupole de l'église susmentionnée, durent de même influencer notre artiste qui les avaient observées avec soin. C'est ce que prouve l'un des dessins des Offices à Florence 18 dans lequel Badalocchio avait copié - en rapport avec la série d'eaux fortes dont nous avons parlé plus haut' 1 ' - un détail de la fresque en question (fig. 58). La datation à 1615 de l'analogie du dessin du verso et la date de réalisation en 1613 de l'étude de la Justice stylisliquement proche du recto, ainsi que le fait bien connu selon lequel le rapprochement de Badalocchio des traditions parmesanes et surtout du Corrège 14 Brogi, loc.cit. fig. 6. |S Crayon noir sur papier gris, 580 x 375 mm, n" d'inv.: Extra 122: Thiem, C. Disegni di Artisti Bolognesi dal Seicento all'Ottocento. Cat. Bologna 1983, n" 24. Gould. C. The Paintings of Correggio, London 1976. fig.96A. 17 Di Giampaolo, M., Correggio. I Disegni. Torino 1988, n° de cat.: 88. I!i Crayon rouge sur papier brunâtre. 407 x 544 mm, n" d'inv.: 14695 F. |y The Illustrated Bartsch op.cit. n" 30.