Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 82. (Budapest, 1995)

FEHÉR, ILDIKÓ: La rencontre de Joachim et de sainte Anne devant la Porte d'Or: un fragment dc fresque récemment nettoyé dc la premiere moitié du XVe siecle

caractéristiques. D'après les miniatures qui en dérivent, l'activité du maître désigné sous le nom de "Maestro délie Vitae Impèratorum" peut être située vers 1430-1450. 15 L'établissement d'un parallèle entre la manière de peindre de l'artiste à qui l'on doit la fresque de la Porte d'Or du Musée des Beaux-Arts et celle du miniaturiste lombard des années 1430-1440, faute de nous être d'un grand secours dans l'identification de l'auteur ou de son atelier, peut nous fournir des indices relatifs à la région géographique dont les maîtres avaient influencé le choix des motifs picturaux, la composition et l'iconographie de notre fresque. Les qualités de celle-ci laissent deviner un peintre provincial ou du moins assez peu marquant. Il est à noter également que l'emploi de techniques différentes dans la miniature et dans la fresque ne signifie pas nécessairement qu'il en soit de même pour le style ou le goût (citons à l'appui les miniatures et les fresques exécutées par Beato Angelico pour le cloître San Marco à Florence). Aux XIV-XV* siècles, il était fréquent que des fresques couvrant des murs entiers avaient pour antécédents des miniatures. Dans une de ses études Franco Mazzini - auteur du plus important ouvrage de synthèse sur les fresques du Quattrocento lombard' 6 - a ainsi démontré, à propos d'une fresque de Michelino da Besozzo (Crevenna, Erba, San Salvatore), qu'elle fut exécutée d'après une miniature. 17 Selon Mazzini, cette fresque a de nombreuses caractéristiques - contours rouges cernant les figures, absence de clair-obscur et de tons, simplicité des couleurs, lumière rasant le liseré des plans - qui témoignent chez l'artiste de la connaissance approfondie du disegno et de la parenté de son œuvre avec les miniatures. 18 Cela est manifeste en particulier dans le rendu des drapés et des visages. Quelques-uns des procédés stylistiques énumérés par Mazzini se retrouvent également dans notre fragment de fresque de la Porte d'Or : les contours rouges-bruns prédominent notamment dans les parties médiane et supérieure du tableau. Cela permet de mieux comprendre les analogies structurelles et stylistiques qui existent entre la miniature d'Oxford mentionnée plus haut (La Visitation) et notre fresque avec la représentation de la Porte d'Or. C'est un détail mineur qui rend véritablement intéressant pour nous la fresque de Michelino da Besozzo à Crevenna qui s'intitule Crucifixion. Dans celle-ci les nimbes des figures diffèrent très nettement de ceux entièrement plats, transparents, à rayons à peine suggérés, ou réduits aux contours, qui caractérisent la plupart des fresques de l'époque en Lombardié. 19 Les nimbes des fresques à Crevenna se distinguent au contraire par une plasticité prononcée, avec des formes arrondies sur le pourtour, creusées au centre. Plusieurs miniatures datées du début et du milieu du XV e siècle attestent l'emploi fréquent de ce procédé. On le retrouve par exemple dans l'initiale "S" enluminée de la Vierge à l'Enfant (Milano, Biblioteca Ambrosiana, F277 inf. n. 62). Son auteur s'est inspiré, comme nous le savons, du style de Michelino da Besozzo, de Giovannino de Grassi et de Belbello da Pavia. 15 Arte in Lombardia Ira Gotico e Rinascimento, Milano 1988, p. 122. 16 Mazzini, F., Affreschi lombardi del Quattrocento, Milano 1965. 17 Mazzini, F., Un affrcsco incdito c il primo tempo di Michelino da Besozzo, A rte Lombarda 1 (1955), pp. 40-45. 18 Mazzini, op.cit. p. 40. 19 Aiutelli, op.cit. (n.4); Chicsa, délia A.O., Pittura Lombarda del Quattrocento, Bergamo 1959; Algeri, G., La pittura in Lombardia del primo Quattrocento, in La pittura in Italia, a cura di Zeri, F., Milano 1987.

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