Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 82. (Budapest, 1995)
FEHÉR, ILDIKÓ: La rencontre de Joachim et de sainte Anne devant la Porte d'Or: un fragment dc fresque récemment nettoyé dc la premiere moitié du XVe siecle
La partie supérieure de l'entrée de Jérusalem porte une double architrave surmontée d'arcs en plein cintre. Le fond architectural est ébauché en rouge. Derrière le mur accolé à la porte apparaissent, sur fond brun-rouge, deux arbres dont celui de droite coïncide avec l'axe central de la composition, procédé censé mettre en relief la symétrie de la scène. La couleur rougeâtre (oxyde de fer) du fond devait probablement servir de préparation à des bleus à poser ultérieurement, par une technique a secco, bien que la toile n'en conserve aucune trace. 3 Lors de son détachement du mur, c'est surtout le bord inférieur de la scène qui a été endommagé. D'après le sujet, les procédés picturaux employés et les dimensions, nous pouvons établir à propos de ce fragment de fresque, considéré jusqu'à maintenant - et aussi pendant la restauration - comme une œuvre indépendante, qu'initialement, il ornait très vraisemblablement l'intérieur d'une église. Dès son détachement du mur, la fresque non seulement perdit son environnement architectural sacral, absolument indispensable à son interprétation, mais aussi, une fois mobile et "transportable", elle se trouva isolée du cycle dédié à la vie de sainte Anne ou de la Vierge dont elle faisait partie intégrante à l'origine, 4 Ainsi si l'on examine la fresque, connue depuis l'inventaire de János Peregriny comme une composition indépendante, il ne fait pas de doute qu'une tout autre interprétation s'impose dans l'hypothèse qu'autrefois elle s'inséra dans un cycle. Dans le registre de la Galerie nationale parmi les objets d'art achetés à Luigi Resimini le 21 novembre 1893 figure une série de trois fresques montrant des scènes de la vie de sainte Anne. D'après le numéro d'inventaire et la description, la première peut être clairement identifiée à l'œuvre récemment restaurée qui représente la Porte d'Or. La deuxième est engregistrée sous le titre Sainte Anne alitée (fig. 18) et la troisième s'appelle L'instruction de la Vierge (fig. 17).' Dans l'interprétation de János Peregriny, les deux dernières scènes ne font en réalité qu'une seule, à savoir, la naissance de la Vierge.'' Sa thèse semble tout à fait fondée si l'on admet que, dans l'intervalle écoulé entre son détachement du mur et son acquisition par Pulszky, la scène, comportant initialement quatre figures (ou encore plus?), fut découpée en deux morceaux ou plus. La naissance de la Vierge s'intègre facilement d'ailleurs parmi les compositions italiennes du même sujet exécutées entre la deuxième mitié du XIV e siècle et la première moitié du XV e (voir par exemple les fresques d'Ottaviano Nelli ornant le sanctuaire de l'église San Francesco de Gubbio, le triptyque de Giusto de Menaboui, à la National Gallery, à Londres). 7 Les personnages de 1Instruction seraient de la sorte non pas sainte Anne et la Vierge mais deux servantes qui se tiennent derrière le lit de sainte Ame accouchée. Les essais de nettoyage effectués sur les deux fragments confirment cette hypothèse dans la mesure où le coloris du couvre-lit et du revêtement en bois du mur du fond ainsi que les procédés picturaux employés sont identiques dans les deux pièces. L'étal actuel du fragment ne permet pas 3 La scene du Calvaire couvrant le mur nord de la salle capitulairc du monastère San Marco à Florence (1441-1442) fut exécutée avec une technique similaire. De la majeure partie de la fresque de Fra Angclico ne subsiste plus que la préparation rouge, parce que le pigment bleu (lapis-lazuli) est entièrement parti. Baldini, U.,Angelico, Milano 1970, p. 107. 4 En Lombardié, l'on pratique à coup sûr le détachements des peintures murales dès le début du XVII e siècle, d'abord dans le but de doter quelques édifices moins prestigieux de valeurs sacrales et de les rehausser de décorations. Autclli, F., Pitture inurali a Brem, Milano 19X9, pp. 43-68. 5 N°d'inv.: 1092, 1093. 6 Pregriny, op.cit. (n.l ). 7 Bcrenson, B., Italian Pictures of the Renaissance. Central Italian and North Italian Schools, London 1968, fig. 515, III. iig. 227.