Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 82. (Budapest, 1995)

GABODA, PÉTER: Conclusions historiques (et muséologiques) du trajet d'une statue égyptienne

mais aussi se faire une renommée. Les différentes étapes de la carrière de György Sipos n'ayant pas été élucidées jusqu'ici par les chercheurs/' je ferai ici une première tentative de résumer, sous forme d'une esquisse biographique, les principaux moments de sa vie entre 1849-1870. 7 György Sipos fut d'abord gabelou dans la ville frontalière de Karánsebes (Transylvanie). Ayant servi comme sergent dans un régiment transylvanien, il s'est réfugié dans l'Empire Ottoman après la chute de la guerre d'indépendance. On retrouve ses traces dès la première étape de l'émigration (22 août - 3 décembre 1849) dans la ville frontalière de Vidin, sur la rive du Danube, où il n'a choisi aucune des alternatives possibles devant la menace de son extradition demandée par les Russes et les Autrichiens: il ne s'est pas converti à l'islam (la Porte n'ayant pas été obligé par les traités internationaux à extrader les réfugiés convertis à l'islam) et il a refusé aussi de céder aux promesses du gouvernement autrichien lui promettant la possibilité de retourner dans son pays (3000 sur les quelque 5000 réfugiés ont choisi cette solution). L'étape suivante fut la ville de Sumla où les réfugiés ont été transportés sur l'ordre du sultan après le refus de leur extradition. Dans cette ville, leur vie devint plus variée, l'ex-gouverneur de Hongrie, Lajos Kossuth est même intervenu en personne auprès des autorités pour obtenir l'amélioration de leurs conditions, la création d'un milieu socio-culturel. Le casino tenu par Sipos-Várady est devenu le lieu de rencontre des émigrés. 8 György Sipos et son ancien confrère de Karánsebes, Lipót Várady ont loué ensemble une maison pour relancer "la vie régulière à la hongroise". Comme la maison fut fréquentée aussi par ceux qui ont pris d'assaut la résidence du consul autrichien (13 janvier 1850), Sipos fut déféré devant le tribunal de la colonie des émigrés (18 janvier) et fut sanctionné aussi par les autorités turques: tous les émigrés furent internés dans la caserne d'artillerie. Le bistrot, aménagé cette fois dans la caserne par Sipos, est devenu le centre de la vie sociale, malgré les contraintes imposées. L'effectif des réfugiés de Sumla, enregistré fin janvier, 9 a fortement diminué en février: les dirigeants (Kossuth et son entourage) ont été internés à Kütahya tandis que les convertis, étant entrés dans 6 Parmi les difficultés, il faut d'abord mentionner les problèmes prosopographiques: il porte un nom très commun, de plus, les différentes sources lui attribuent des prénoms variés (József, Ferenc, György, etc.) Un obstacle important à la reconstruction des éléments biographiques: il passe souvent inaperçu dans les monographies historiques en raison de son modeste rôle social (il ne faisait pas partie de l'élite de l'émigration) d'une part et, de l'autre part, pour des raisons chronologiques, cf. Kemal, H. Karpat, in Keletkutatás, printemps 1989, p. 57: "...dans la littérature de la question, l'accent est mis surtout sur l'arrivée des révolutionnaires sur le territoire ottoman (Vidin) et sur leur transport encore plus à l'est (Sumcn)... Je suis d'ores et déjà convaincu que la littérature n'est pas exempte de préjugés mettant en relief surtout le rôle de l'élite de la révolution." Toutefois, un mémoire important fut déjà publié au siècle dernier par Sándor Veress (A magyar emigráció a Keleten I-II, Budapest 1878-79) présentant des personnages d'origine modeste: "Tout ce qui fut publié jusqu'ici (...) ne traita que des problèmes de la fuite et, au mieux, des événements de la première année. (...) Ce que j'écris ici n'a pas pu être raconté par les figures eminentes de l'émigration; (...) mais les habitants du pays restent ignorants sur les misères de la grande partie des émigrés qui ne peut espérer aucun secours venu de la patrie mère." Nouvelle tendance dans l'étude de l'émigration: la rupture avec la prédominance des aspects diplomatiques et politiques de la question et l'examen des aspects culturels, cf. Kakuk, Zs., Kossuth kéziratai a török nyelvről, Budapest 1967. 7 Pour plus de détails, cf. notre étude (manuscrite) "Kertész holdudvarban". 8 Jusqu'ici ces aubergistes n'ont pas été identifiés ou leur identification fut erronée. J'ai réussi à trouver des sources qui prouvent que l'aubergiste de Sumla fut identique au futur jardinier György Sipos, cf. A sumlai magyar emigráció élelmezése, in 1 848-49. Történelmi Lapok 15 mars 1894, p. 59-60. 9 Cf. "A sumlai magyar emigráció névjegyzéke" publié par I. Hajnal, in A Kossuth emigráció Törökországban I, Budapest 1927, p. 631. Parmi les sergents, on trouve un certain "György Sipos".

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