Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 80-81. (Budapest, 1994)

MÓRÉ, MIKLÓS: Compte rendu de la restauration du retable de la Vierge en trône, a l'Enfant avec cinq saints et deux anges par Andrea del Verrocchio

correction à l'huile. Pour finir, j'ai mis en place du vernis mat afin d'obtenir, en dehors d'une protection efficace, une réfraction soyeuse, caractéristique des tableaux du XV e siècle (figs.34, 35, 36). D'autres détails relatifs à l'examen et à la restauration du retable figurent dans le dossier déposé aux archives de la Galerie des Maîtres Anciens. Problèmes en lien avec la genèse du retable Al'instar de Vasari, les anciens documents l'attribuent à Verrocchio jusqu'en 1871, date à laquelle la paternité de ce dernier se trouve mis en doute pour la première fois. Nos propres expériences acquises lors de la restauration du panneau tendent à confirmer la thèse de ceux qui le donnent en partie à l'atelier de Verrocchio et en partie au maître lui-même. Nous devons en tout cas prendre en considération qu'au cours du débat centenaire, l'oeuvre en question devait encore paraître un peu pâle sous ses dehors trop repris, sombres et monochromes. Son parti de composition, quoique conforme dans l'ensemble à celui affectionné par les contemporains, n'en reflète pas moins une vision autonome, caractérisée par des proportions équilibrées, harmonieuses, une conception statique propre aux sculp­teurs. Aujourd'hui, il est même permis d'évoquer sa polychromie délicate en harmonie avec le modelé. En outre, l'oeuvre, bien que réalisée par plusieurs mains, donne une impression d'homogénéité, et ne révèle ses origines hétéroclites qu'à l'observateur attentif. La partie la plus prestigieuse de l'oeuvre est sans doute la série de portraits représen­tant la Vierge, l'Enfant, les saints et les anges. Au sujet de ces portraits, il convient néanmoins de signaler que les visages fort expressifs réapparaissent également dans d'autres tableaux et statues assignés à Verrocchio ou à son atelier. Cela laisse supposer que ces modellos se trouvaient à proximité du maître, plus précisément dans son atelier. 3 Sur la base d'observations, on peut esquisser comme suit la genèse du retable: la commande des dominicaines dut s'adresser forcément au maître dirigeant l'atelier. Selon un programme iconographique déterminé, Verrocchio procéda à la conception et au dessin de l'ébauche de composition. Dans un deuxième temps, il brossa sur carton le portrait des personnages à représenter, puis ses assistants recopièrent l'ébauche de composition sur le support préparé par gesso. Le calque s'effectua, comme je l'ai déjà dit, par incision, n'indiquant cependant que les principaux éléments de composition et les contours géné­raux. En premier, il s'agissait probablement d'exécuter les motifs architecturaux et végé­taux du fond. Il convient de s'y arrêter un instant, puisque la préparation particulièrement 2 C'est à l'Instituto Centrale del Restauro de Rome qu'en 1960 et en 1970, j'ai étudié les méthodes de restauration applicables dans le cas du support de bois des panneaux de grande dimension. La solution choisie s'inspire des expériences recueillies là bas. 3 Les anges peints probablement par les assistants les plus jeunes de l'atelier sont des figures caractéristiques. Dans les deux tableaux importants où on les découvre également, soit dans Tobie et l'archange Raphaël et le Baptême du Christ, ils apparaissent sous un autre angle, d'un âge et d'une facture différents. L'individualisation poussée de leur visage et de leur chevelure permet de se convaincre de la justesse des parallèles établis par comparaison. Le visage également typique de la Vierge présente des similitudes avec celui de la Vierge de Berlin, mais est un peu plus âgé que celle-ci. Les caractères de saint Augustin et de saint Pierre Martyr rappellent ceux du Christ et de saint Jean-Baptiste dans le retable intitulé le Baptême du Christ. Les traits de saint Dominique et son regard suggestif pourraient même s'avérer un autoportrait.

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