Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 80-81. (Budapest, 1994)
MÓRÉ, MIKLÓS: Compte rendu de la restauration du retable de la Vierge en trône, a l'Enfant avec cinq saints et deux anges par Andrea del Verrocchio
courbure mesure de 5 à 6 mm au milieu. Les bords supérieur et inférieur du panneau sont originaux, les latéraux se trouvent quelque peu tronqués. Vu la largeur à peu près égale des réserves, le format initial du support a été conservé pour l'essentiel. Sa déformation ne s'est pas produite de manière uniforme, mais séparément, planche par planche, ce qui, à la lumière rasante, donne une surface ondulée. Pour parer à la courbure généralisée, des traverses en bois y furent fixées sur trois points au cours du XIX e siècle. Or, en raison des erreurs de mesurage, les trois traverses se trouvèrent coincées dans leur entaille, entraînant le gauchissement du corps central. Dans le bois se formèrent à plusieurs points des fentes et des galeries de parasites, le rendant extrêmement fragile et friable (fig. 26). Dans la période précédant la mise en place des traverses, le verso du support fut badigeonné de gypse à colle favorisant de par son effet la tension de la déformation des planches. 2. L'épaisse couche de gesso (1-1,5 mm) avec une barbe saillante sur les bordures détermine les dimensions effectives de la peinture (158,5 x 166 cm). Ce champ est entouré d'un bord non peint de 6 cm de large. La contraction du support provoqua des soulèvements verticaux sur l'ensemble de la surface picturale, lesquels présentent soit des crevasses ouvertes soit des déformations dues à des repassages antérieurs. 3. La couche de couleur et la préparation forment un tout organique homogène sans soulèvement à plaque et dont la dégradation dépend de l'état du gesso. Ses craquelures suivent celles de la couche de préparation se dessinant, comme dans les autres tableaux d'époque, horizontalement et couvrant un champ assez large. Sa technique picturale est caractéristique du XV e siècle, à savoir, une exécution à tempera à l'oeuf sur imprimatúra verte claire, perceptible surtout à la surface des corps. Le modelé est rendu à l'aide de coups de pinceaux pointues au moyen de tons d'abord blancs puis chauds, qui suivent la plasticité des corps. Pour l'ombrage des draperies, l'artiste se servit d'un pinceau aussi pointu que pour le traitement des corps, en traçant des hachures sur une couleur de fond claire largement peinte. La méthode picturale révèle en outre certaines spécificités personnelles. Ainsi, l'on peut observer en plusieurs points, profondément incisées dans le gesso, les traces laissées par le carton de composition. Ces incisions indiquent essentiellement les contours des têtes, des mains, des draperies, des attributs et des éléments architecturaux (fig.27). Le dessin des détails intérieurs apparaît sous forme de lignes sombres émergeant du fond. Le contour des profils incisés dans la préparation et des motifs végétaux en relief constituent une solution originale (figs.28-29). Dans le cas de ces derniers, la peinture ne suit pas rigoureusement le tracé du dessin, et il arrive même que tel ou tel motif végétal se trouve recouvert d'autres motifs d'exécution ultérieure. Concernant les gloires, il est regrettable de constater qu'en raison des importantes dégradations subies, les motifs décoratifs cernés en coquilles d'or furent par la suite incisés suivant les anciennes traces puis refaits de fond d'or à la feuille. Cela donne l'impression à l'observateur peu attentif d'avoir affaire à une plastique négative originale des gloires. Par contre, le glacis doré de la surface lisse à l'intérieur de la gloire cernée de contours de sainte Catherine est authentique. Cette solution technique relativement rare n'est devenue apparente qu'à l'issue du nettoyage. 4. Le vernis devenu opaque et foncé prête au tableau un aspect monochrome. Le vernissage plusieurs fois répété au cours des temps, recouvrant l'encrassement de la surface, a fini par estomper la transparence, tout comme la pureté et les contrastes des