Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 79. (Budapest, 1993)
PASSUTH, KRISZTINA: Rodtchenko et Stepanova: dessins constructivistes au Musée des Beaux-Arts
fig. 51), ainsi qu'à «Zigra ar » et « Globolkim » (1918), Stepanova a donné libre cours à sa fantaisie picturale. Etant créées d'un seul geste, des rayures courant dans toutes les directions diffusent la même fraîcheur artistique que la « Composition » appartenant au Musée des Beaux Arts. De ce fait on suppose que ce dernier dessin, même s'il n'a aucun texte écrit, fait partie des œuvres de la poésie visuelle. En essayant de mettre un certain ordre, on peut établir deux groupes pour ces compositions, selon leurs formes. L'un qui se base sur la combinaison des textes fragmentaires dans la structure de lignes croisées (grille) et l'autre qui peut être formé selon l'ensemble spécifique des phrases jointes aux formes circulaires et comme des disques. La « Composition » ici analysée présente un rapprochement avec ce dernier groupe. Lorsque l'on compare à un exemple de la poésie visuelle de 1918, notamment à l'espace de la page de titre de l'ouvrage « Globolkim » (fig. 52), 12 la relation d'esprit est évidente. La structure circulaire, concentrique de la page de titre est la même, mais la composition est beaucoup plus construite que le dessin du Musée des Beaux Arts, elle est plus étoffé, plus riche, on ne retrouve pas la spontanéité de la ligne tracée d'un seul geste dynamique du dessin de Budapest. Pour Stepanova, l'importance de la poésie visuelle résidait dans l'intérêt d'une expression adéquate et nouvelle. « Je rattache la poésie non-objective ainsi le nouveau mouvement de la lettre et du son à la perception artistique de la peinture qui est nouvelle et vivante, pour que le son soit enrichi par l'impression visuelle, » dit Stepanova elle-même. 13 En 1919, à l'occasion de la X e Exposition d'Etat à Moscou, où Stepanova présentait ses œuvres, cette définition est devenue le slogan, le programme des artistes. Alors que les poèmes sont écrits par ses collègues, la poésie reste toujours pour Stepanova une source du système des signes visuels. En 1919, pour le livre intitulé « Gly-Gly » de Kroutchonykh, elle fait plusieurs illustrations 14 de styles différents dont les dessins presque improvisés à l'encre de Chine sont très proches conceptuellement de la « Composition » appartenant au Musée des Beaux Arts. C'est l'année 1921 qui représente le sommet de cette activité d'illustrateur et en plus, de dessinateur d'affiches. 1921 est l'année de l'Exposition nommée « 5 X 5 = 25 » où Stepanova participe avec quatre autres artistes (Alexandre Vesnine, Lioubov Popova, Alexandre Rodtchenko et Alexandra Exter). A cette exposition Rodtchenko, en exposant une série de trois peintures monochromes donne une forme visuelle à la conception reconnue par les artistes constructivitses qui proclament que la peinture de chevalet est morte et l'époque de la peinture est terminée. Quant à Stepanova, bien qu'elle souligne dans le catalogue de l'exposition que c'est l'époque de la construction qui arrive, et que celle des œuvres d'art destinées aux musées est terminée, 15 à cette occasion, elle ne présente, cependant, que des œuvres figuratives. 12 Varvara Stepanova : Globolkim projet de la couverture aux poèmes visuels (de graphique), 1918, aquarelle, 220 x 175 mm. 13 Stepanova citée par Lavrentiev, A., The facture of Graphics and Words in : From Painting to Design, Russian Constructivist Art of the Twenties, Cologne 1981, p. 74. 14 Stepanova : Des illustrations à » Gly-Gly» de Kroutchonykh 1919, encre de chine sur papier, 174 x 117 mm. 15 v. Compton, S., Sowjetische Buchkunst 1922-1932 in : Die Crosse Utopie. Die Russische Avantgarde 1915-1932, Frankfurt 1992, p. 208-219.