Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 79. (Budapest, 1993)

PASSUTH, KRISZTINA: Rodtchenko et Stepanova: dessins constructivistes au Musée des Beaux-Arts

tiques, sauf à ceux qui concernaient leur pays natal ; ils n'avaient pas d'intention d'établir des contacts avec les mouvements d'avant-garde des différents pays. La conscience de leur vocation et de leur rôle à jouer leur donnaient une assurance si forte — au moins dans les années 1920 — qu'ils attribuaient une validité absolue à la totalité de leurs innovations en matière picturale. Au moment de la naissance des œuvres, l'idéologie du constructivisme était en formation, ainsi même les dessins considérés comme esquisses communiquent cette idéologie. Parmi les œuvres d'art à analyser, la plus traditionnelle, plus exactement la seule qui puisse être considérée comme traditionnelle est la composition à « Deux figures » de Stepanova (signée sous le pseudonyme Varst) de 1919 (fig. 49). Cette composition fait partie de la série des tableaux et de dessins qui étaient créés par Stepanova entre 1919 et 1921, formant les mêmes figures schématisées. On peut constater, donc, qu'il s'agit d'une œuvre qui précède les autres pièces de la série et qui était suivie par de nombreuses compositions, le plus souvent, des multi­figures. Bien que l'artiste l'ait signée, et l'ait ainsi reconnue comme une œuvre autonome, il est probable qu'il s'agit d'une esquisse préparatoire. Car le dessin improvisé au crayon, donnant l'ossature des figures, n'est pas couvert sur toute la surface par les taches ocres de couleur de terre-cuite. La souplesse légère de l'exécution révèle qu'il s'agit là de l'étape intermédiaire d'une composition en cours d'élaboration. Les deux figures se tournant l'une vers l'autre, n'ont pas de visage, ni aucun caractère indi­viduel, c'est tout au plus si elles ont des attributs, difficilement identifiables. C'est la même chose qu'on peut constater à propos des autres tableaux de la série, excepté « Les Amateurs de billard » (n° 14, 1920) ou les « Musiciens » (1920). En étudiant cette série, il est à noter qu'il s'agit d'un des ensembles probablement les plus élaborés de l'époque et qui présente une surprenante richesse en nombre : selon le catalogue, à la XIX e Exposition d'Etat en 1920, 22 tableaux et 38 feuilles de dessin étaient exposés. 4 Quant à leur style, les feuilles à tempéra et à gouache s'intègrent parfaitement à la série des tableaux : les œuvres graphiques ne se distinguent des tableaux de grand format que par leur technique proprement dite et par leur coloris ; leur structure est la même. C'est la structure, qui attire l'attention à première vue : les figures schématiques bougent à la manière de marionnettes à fils dans l'espace pauvre en objets et trop étroit pour les figures surdimensionnées. Sans visage, sans habillement personnalisé, ils n'ont que des gestes dont les formes carrées font allusion aux formes abstraites, géométriques. Certains détails, ainsi les rectangles couverts de touches pointillistes ou bien les structures de lignes croisées et dispersées par le hasard, suggèrent, hors d'un contexte figuratif, une composition abstraite. Le fond est noir (Figure au tambour, 1920) 5 ou il tire sur les couleurs foncées dans le cas de plusieurs pièces de la série, mais des compositions au fond blanc émane une atmosphère beaucoup plus libérée (Figure au chevalet. Le peintre, 1920 ; 6 4 Lavrentiev, A., Varvara Stepanova, A constructivist Life (edited and introduced by John E. Bowlt), London 1988, p. 44. 5 Varvara Stepanova : Figure au tambour, 1920, huile sur carton, 44 x 31 cm. 6 Varvara Stepanova : Figure au chevalet. Le peintre 1920; tempéra sur papier, 400 x 350 mm.

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