Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 79. (Budapest, 1993)
QUELQUES PIECES DE LA COLLECTION DU XIXe SIECLE CONSERVÉES AU DÉPARTEMENT D'ART MODERNE - PAPP, KATALIN: Karl von Piloty: Néron sur les ruines de Rome
En ce qui concerne les effets de couleurs tirant un peu sur le noir, le tableau appartient à la période précoce de Piloty, placée sous l'influence des maîtres espagnols. 6 Ce coloris sombre convient parfaitement à l'atmosphère de la scène. Le contraste violent qui oppose Néron, tout de blanc vêtu, aux autres personnages est manifestement voulu par l'artiste. Ce dernier s'efforce de doter chacune de ses figures de traits individuels, mais son ambition suprême demeure l'accentuation des effets décoratifs. Il représente avec précision et force détails les ruines servant comme de piédestal à Néron, ainsi que les fragments d'une mosaïque de pavement au premier plan. Le relief gisant aux pieds de l'empereur, figuration de la louve allaitant les jumeaux, souligne le geste ayant détruit la vieille Rome, tandis que le groupe occupant l'angle gauche renvoie aux atrocités commises lors de la persécution des chrétiens. Déjà les contemporains ont remarqué l'ambiguïté iconographique du tableau. 7 L'accent principal y est placé sur l'étalage de l'horreur : méchanceté, perversité de l'homme, sadisme de Néron. L'interprétation poussée à l'extrême des événements historiques, même en comparaison de sources d'époque, d'ailleurs peu fiables en elles-mêmes, paraît artificielle, et « l'énumération » quasi descriptive des détails dramatiques ne parvient plus à nous émouvoir aujourd'hui. La composition monumentale se noie pour ainsi dire dans les détails dont le fignolage excessif dote d'une importance démesurée les personnages secondaires ; leur regroupement et leur hiérarchie confus rend malaisé de s'y reconnaître. Au dire de Stieler, il a été prévu initialement d'ajouter au tableau deux ouvrants, lesquels auraient été peuplés de chrétiens condamnés entourant les apôtres Pierre et Paul. L'immense panneau central fut censé représenter le pouvoir séculier de l'empereur. Par la suite, Piloty et le comte János Pálffy, commanditaire de l'œuvre, tombèrent d'accord sur un unique tableau récapitulatif. 8 Le comte János Pálffy (1829-1908) hérita d'une grosse fortune. Une fois les droits de succession réglés, il se mit à remplir d'œuvres d'art les vieux manoirs et châteaux abandonnés de ses ancêtres. Ce qui nous intéresse tout particulièrement aujourd'hui, c'est sa conception adoptée en matière de collecte. L'enrichissement de sa collection fut en effet fonction d'un style différent selon chacun de ses domaines. Ainsi le château de Bajmócz et le manoir de Bazin se virent aménagés essentiellement dans le style des XVI-XVII es siècles, tandis que le palais de Presbourg porta la marque des époques Louis XIV et Louis XV (fig. 44). Au castel de Királyfa prédominèrent les monuments d'art datant du temps de Marie-Thérèse. Certaines pièces de sa collection présentaient d'étroits liens historiques avec les lieux, avaient le même âge que le bâtiment dans lequel elles se trouvaient. Le comte les acheta de manière réfléchie, et s'occupa en personne de l'aménagement de chaque intérieur. Il posséda à merveille le sens d'acquérir des objets d'art correspondant le mieux à ses idées. De par son tempérament méthodique, digne des meilleurs amateurs d'art, voire 6 Pecht, F., Deutsche Künstler, Mördlingen 1881, 7 Die Kunst für Alle 10 (1895-96) pp. 326-327 Leipzig 1887, pp. 1-6. 8 Härtl-Kasulke, op. cit. p. 180 renvoi (à Stieler, p. 222. ; Rosenberg, A., Münchener Malerschule, K.,).