Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 79. (Budapest, 1993)
QUELQUES PIECES DE LA COLLECTION DU XIXe SIECLE CONSERVÉES AU DÉPARTEMENT D'ART MODERNE - CIFKA, BRIGITTA: « L'empereur François couronné roi de Hongrie » par J. P. Krafft
Après ses toiles célébrant la victoire remportée sur Napoléon à Leipzig et à Aspern (1817-18), destinées aux Invalides de Vienne, Krafft passe pour le premier peintre d'histoire de la ville impériale, à qui l'on doit aussi le renouvellement du genre. En Hongrie, il se fait connaître comme l'auteur de portraits décoratifs exposés à différentes préfectures (notamment les portraits de l'empereur François et du palatin Joseph à Balassagyarmat en 1820, à Gyula avant 1822, à Nagyvárad avant 1824). 5 A la Préfecture de Pest était accroché à partir de 1812 le portrait en pied du préfet, le comte Ferenc Barkóczy, exécuté par Krafft à qui l'Assemblée générale départementale commande également un portrait de l'empereur pour commémorer la visite à Pest des souverains présents au Congrès de Vienne. 6 Selon le rapport du souspréfet, la « perfection » de l'œuvre arrivée à Pest à l'automne de 1816 « est due principalement aux soins et aux efforts personnels de Monsieur Jakab Szvetics, chambellan royal et impérial ». 7 A l'été de 1820, Krafft réalise, dans la propriété de Hongrie du comte László Festetics, le portrait en buste du stratège Miklós Zrínyi (1518-1566), lequel représente en réalité l'arrière-petit-fils de celui-ci, le poète du même nom. 8 A la demande du comte Festetics, l'artiste entame, aussitôt après, une nouvelle œuvre éternisant la mort héroïque du chef de l'armée Zrínyi. Ce tableau de grande dimension ne sera, cependant, pas mené à bien car, comme le précise l'autobiographie de Krafft, „wegen verschietener Ansicht des Bestellers . . . hinsieht des Kostüms." 9 Jakab Szvetics propose alors ses bons offices pour aider à la réalisation de cette toile promettant d'apporter de l'argent et de la gloire. Sur une feuille volante anonyme, parue début 1822 à Buda, en langues hongroise, allemande et latine, on pouvait lire ceci : Peter Krafft s'est promis de peindre pour le Musoeum (sic) royal hongrois la mort héroïque de Zrínyi sur le pont de Szigetvár, et ce en échange d'une somme de 3 000 forints à collecter. L'idée s'est avérée viable puisque, toujours selon le texte de la feuille, « l'Aide généreusement et abondamment souscrite par ses Majestés royales et impériales, ainsi que par les archiducs royaux et impériaux a généré le voeu collectif en vertu duquel le Musoeum national hongrois devrait s'orner d'encore plus de chefs-d'œuvre illustres de cette sorte . . . le choix est tombé 5 Après avoir été exposé à Balassagyarmat, le portrait du palatin Joseph passe dans la collection du Musée national hongrois, Galerie de tableaux historiques (Frodl-Schneemann, op. cit., p. 147, nr 104), le portrait de l'empereur a disparu (Dercsényi, D., Magyarország műemléki topográfiája, Nógrád megye műemlékei (Topographie monumentale de la Hongrie, monuments historiques du département de Nógrád), Budapest 1954, p. 125), à Gyula (département de Békés), les tableaux ont été détruits lors de la déchéance des Habsbourg en avril 1849 (Scherer, F., Gyula város története (L'histoire de la ville de Gyula), Gyula 1938, p. 462), à propos des tableaux visibles autrefois au chef-lieu du département de Bihar voir la lettre de Kazinczy à Krafft évoquant la journée du 17 décembre 1824, in Váczy, J., Kazinczy Ferencz levelezése (Correspondance de Ferencz Kazinczy) XIX, Budapest, 1909, p. 256. 6 Frodl-Schneemann, op. cit. (n. 4) p. 133, n° 49, p. 138 n° 72. 7 Archives du département de Pest, Budapest, Közgyűlési Jegyzőkönyvek 1816-4543 (Procèsverbaux de séances). Le souverain a posé pour l'artiste, cf. Rózsa, Gy., Questions iconographiques, Folia Archeologico 6 (1954) p 163. 8 L'erreur de l'estampe exécutée d'après le tableau a été relevée en 1824 par Kazinczy. Krafft en a été informé pour qu'elle ne soit pas commise à nouveau dans l'œuvre destinée au Musée national hongrois (Cat. Művészet Magyarországon 1780-1830 (L'art en Hongrie), Budapest 1980, pp. 170-171. 9 Frodl-Schneemann, op. cit. (n. 4) p. 175.