Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 76. (Budapest, 1992)

TÓTH, FERENC: De Picasso au Greco dans un miroir post-moderne. Trois expositions au Musée des Beaux-Arts

L'exposition a inspiré Ilona Keserű, Dóra Maurer et István Haász à analyser directement telle ou telle œuvre du Greco ou l'un de ses structures compositionnelles. Tout en respectant sans restriction la peinture du Greco ayant servi de point de départ, leurs œuvres exécutées à l'invitation de l'exposition, sont le développement de leur propre méthode de création. Nous avons pu observer la conversion du motif inspirateur chez András Baranyai, Péter Gémes et dans le cas de l'installation vidéo d'Ernó' Tolvaly. L'œuvre du Greco est pour eux aussi un prétexte à la méditation, un point de départ de transmission spirituelle grâce auquel le créateur contemporain pourra trouver un chemin personnel directe au génie du passé. L'inspiration intellectuelle est indirecte, en même temps elle jaillit d'une plus grande profondeur dans les cas d' István Nádler et d'István Mazzag. Au lieu d'établir des relations thématiques, ils essaient au cours de l'action de peinture spontanée de faire surgir la vigueur et l'énergie de la composition du Greco. György Galántai, Péter Forgács et Tamás Szikora mettent par leurs œuvres l'accent sur la confrontation du passé et du présent, le tout dans une perspective conceptuelle universelle. C'est en ayant recours aux moyens d'expression les plus divers (vidéo, photographie, installation, objets) qu'ils s'efforcent d'évoquer et de retrouver dans la mémoire culturelle de l'époque actuelle la grande personnalité du passé. En fin de compte, le Musée des Beaux-Arts a prêté ses salles à une exposition caractéristiquement post-moderne, bien entendu, les œuvres ne le sont qu'en partie. Postmoderne dans le sens que le sujet est le rapport du présent à un moment passé de l'histoire culturelle. (Surtout considéré par la génération d'âge moyen). Par ailleurs, la juxtaposition des structures de vision hétérogènes n'est pas étrangère à l'esprit de notre époque, mais reste au contraire un défi : la possibilité cathartique de réutiliser un ensemble de motifs donnés (provenant des sept tableaux du Greco à Budapest) ainsi que de réinterpréter la spiritualité portée par ceux-ci, a donc bien pu trouver un écho chez les artistes hongrois. Le changement conceptuel de l'époque post-moderne a aussi eu comme con­séquence que la diversité idéologique et formelle a supprimée les limitations territo­riales des centres intellectuels. Tout ce qui exprime le monde d'une unité culturelle — aussi fermée soit-elle — est important et intéressant du point de vue des formes, et cela signifie également que l'existence « périphérique » peut désormais devenir une vertu. C'est sur ce point-là que les Espagnols accueillis en tant qu'hôtes rencontrent de la manière la plus évidente les Hongrois de la troisième salle de cet ensemble d'expositions; et ce qui les lie n'est pas un critère extérieur, mais bien l'impératif de saisir les possibilités offertes par la situation historique. FERENC TÓTH Traduit par András Fáber

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