Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 75. (Budapest, 1991)
GONDA, ZSUZSA: A propos de la page 15 de la Bible Illustrée de Julius Schnorr von Carolsfeld
les scènes seraient si étroitement liées que toute espèce de commentaire serait superflu. La page 15 de la Bible Illustrée se trouvait précédée par la représentation de la famille de Caïn et de la construction de la ville d'Enoch (Gen. 4, 16-17) et suivie par la construction de l'Arche de Noé (Gen. 6, 13-18). La mise en regard de ces deux textes est connue dans l'iconographie. 39 Le lecteur versé dans les commentaires de la Bible est disposé de voir dans la composition intercalée le récit des descendants de Seth et de Caïn et des méfaits commis par l'humanité avant le déluge. En même temps dans la Bible Schnorr cherchait aussi à satisfaire à l'idéal artistique des Nazaréens tel qu'il avait été formulé par Passavant, concernant l'intelligibilité. Dans un esprit pédagogique il destinait son œuvre à des larges masses. En soulignant l'inhérence des représentations figuratives, il décida, sans doute pour cette raison que la préface devait être suivie par un bref commentaire de la plume du théologien Heinrich Merz. À propos de la page 15 on y lit entre autres : « In Seth's Familie war Gottesfurcht und Gottesdienst, und damit stand sie als ein Geschlecht der Kinder Gottes den Kindern der Menschen gegenüber, welche nur sich und der Welt, nicht Gott zu gefallen strebten, gleich wie ihnen nur menschliche Lust und Kunst, nicht die göttlich Liebe und Wahrheit gefiel. » 4Ü En accord avec Bunsen et l'explication de l'éditeur Calwer Schnorr opta donepour l'interprétation qui parle de la tribu de Seth, sans accepter pour autant la conception positive de Bunsen, puisque certains éléments de la composition, comme les personnes marchant vers l'holocauste, le couple se tenant enlacé — symbole de la vraie intimité — et le vieillard à la main levée traduisent le caractère blâmable de l'action principale. Cette prise de position claire pour l'interprétation de Seth est d'autant plus importante qu'en 1857 — entre le moment de la naissance de la composition et sa parution — J. H. Kurz publia son ouvrage important dans lequel il refute catégoriquement cette théorie. 41 A l'en croire il est absurde d'interpréter le terme « Filles des hommes » du verset 2 autrement qu'au verset 1 où pris dans son sans le plus large il ne signifie pas seulement une race. Selon Kurz les fils de Dieu sont des êtres pareils aux anges et non des hommes terrestres. Son interprétation devint si populaire qu'elle entra dans les éditions ultérieures des commentaires de la Bible de Calwer, ceux-mêmes que Schnorr avait utilisés. 42 En recourant aux éléments de l'iconographie des anges, Schnorr a maintenu dans cette composition •— sans le vouloir peut-être — l'ambiguité du texte biblique. Citant un passage d'une lettre de l'artiste A. Schahl a attiré l'attention sur deux points de vue essentiels qui avaient présidé au choix du sujet : . . .«bedeutsames weder zu übersehen noch undarstellbares aufzunehmen. » 43 La même idée surgit aussi dans la préface que l'artiste écrivit à la Bible : il se peut que certaines feuilles — ainsi par exemple la scène de Joseph et de la femme de Putiphar, de David et Bethsabée — semblent immorales, mais comme elles représentent le sommet de certains récits, elle 39 Pigler, A., Barockthemen I, Budapest 1974 2 , p. 24. 40 Die Bibel in Bildern, op. cit. (note 12) p. 5. 41 Kurtz, J. H. Die Ehen der Söhne Gottes mit den Töchtern der Menschen (1857), cf. Westermann, op. cit. (n. 2) p. 71. 42 Handbuch der Bibelerklärung, op. cit. (n. 28), 1886°, p. 36-37. 43 Schahl, op. cit. p. 74.