Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 75. (Budapest, 1991)

ZENTAI, LORÁND: «Le Massacre des Innocents». Remarques sur les compositions de Raphaël et de Raimondi

« LE MASSACRE DES INNOCENTS » REMARQUES SUR LES COMPOSITIONS DE RAPHAËL ET DE RAIMONDI Les historiens de l'art, après une commémoration plus modeste en 1970, ont fêté par une activité internationale unique en son genre le cinquième centenaire de la naissance de Raphaël. Si c'est en 1983 et l'année suivante qu'ont eu lieu les exposi­tions et les colloques les plus importants, ainsi que la publication des monographies fondamentales, le reste des années 80 a vu la parution d'un grand nombre d'actes de congrès, de réflexions ultérieures et d'études d'appoint. Dans le même temps, il est évident qu'il faudra attendre pour juger des résultats véritables que les derniers échos de ce tapage s'estompent, et il faudra surtout attendre encore un certain temps pour pouvoir se rendre compte si, outre une réhabilitation incontestable de Raphaël au sein de la profession, ces manifestations auront ou non contribué dans une mesure quel­conque au rétablissement réel, sur une grande échelle, de la popularité (sérieusement entamée par les tendances artistiques anticlassiques de notre siècle) de l'artiste. 1 Il semble bien que généralement, les tendances internes de la recherche scienti­fique, les changements du goût artistique et les autres facteurs accidentels agissent les uns sur les autres en fonction des lois de l'interférence, tantôt se renforçant mutuelle­ment et tantôt se neutralisant. Les historiens de l'art de la génération suivante se sont déjà mis en devoir de « réétoffer » l'image de Raphaël « amaigrie » par Oskar Fischel, qui a conservé jusqu'au bout la sévérité puritaine de 1'« hypercritique » morellienne du début du siècle, et apparemment, la psychologie du cinq-centenaire et de la fête a elle aussi eu un effet bénéfique sur ce « mouvement de pendule en retour ».' 2 Logique­ment, l'un des points sur lesquels s'est focalisée la recherche sur Raphaël, tant durant la décennie qui a précédé cette commémoration que dans celle qui l'a suivi, a été le réexamen de ses dessins. En effet, d'une part ce domaine était celui des matériaux estimables (ou réestimables) les plus riches, et d'autre part il représentait un fructueux défi pour les spécialistes de la recherche graphique, qui a connu à compter des années 60 un essor notable également dans d'autres domaines de l'histoire de l'art, une sorte de pierre de touche, de banc d'essai spectaculaire pour la mise en œuvre des nouveaux 1 Les constatations de S. Ferino Pagden et de G. Passavant, « post festum», cinq ans après le cinq-centenaire, sont pleines d'enseignements, mais il n'en ressort néanmoins qu'une image schématique du bilan de cet anniversaire, v. Kunstchronik 41 (19X8), pp. 193-246. 2 V. l'étude extrêmement importante de C. Gould : Raphael versus Giulio Romano : the swing back, Burlington Magazine 124 (1982), pp. 479-487.

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