Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 74. (Budapest, 1991)

LOCHMAN, TOMAS: Deux reliefs anatoliens

lettres grecques,/? et q qui se réfèrent au nombre 190. D'après l'ère de Sylla elles indiqueraient l'année 105-106 ap. J.-C. En tenant compte de la grande différence temporelle qui séparerait la stèle B de Budapest et celles de Kadoi — parmi lesquel­les celle de Maxima est sans doute la plus ancienne 22 (n° 6 de notre liste, fig. 5) — elle devrait être datée d'après l'ère d'Actium. Ainsi, elle a certainement été exécutée en 159-160, datation en parfaite harmonie avec le style des autres reliefs de Kadoi. L'utilisation de deux ères dans le cadre d'un même centre de fabrication est fort plausible et la stèle B a bien pu être fabriquée à Kadoi tout en étant destinée à une région avoisinante où l'ère d'Actium était de règle. La deuxième explication possible impliquerait que la stèle B de Budapest doive être attribuée à un atelier subissant la forte influence de celui « de Kadoi ». Un regard plus attentif porté sur la stèle de Buda­pest montre effectivement qu'elle se distingue de celles de Kadoi notamment par un cer­tain assouplissement des rondeurs et par le caractère plus plastique de ses formes. Ces particularités stylistiques se rencontrent sur les reliefs 12-14 de notre liste. Deux sont conservés au Musée d'Usak (13-14) et le troisième (n° 12) a été photographié par Ch. Naour lors d'un voyage dans la région de Gediz, dans une localité située entre Erdogmus et Yeniköy, dans la vallée de l'Ffermos, aux confins des territoires de Kadoi et Lyendos où les deux ères ont été utilisées chacune dans leur région. La stèle B de Budapest et s e s p lu s proches parallèles Ce sont les stèles 12-14 qui présentent le plus d'affinités avec celle de Budapest. Sont avant tout caractéristiques leur encadrement architectonique avec la décoration en X des pilastres, les chapiteaux trapézoïdaux aux feuilles stylisées ainsi que le ré­pertoire figuratif du champ principal. D'après l'ère de Sylla, toutes devraient être datées au début du II e siècle ap. J.-C. 23 En revanche, en adoptant l'ère d'Actium, elles bénéficieraient d'une datation plus cohérente, surtout par rapport aux stèles de Kadoi les plus anciennes. Les quatre stèles nous mettent certainement en présence d'un atelier « satellite » de Kadoi, situé entre la ville Kadoi et le territoire de Bagis et de Lyendos, en une contrée où l'ère d'Actium était en vigueur. Les deux stèles de Budapest constituent des documents archéologiques importants qui illustrent les grandes tendances artistiques et la mentalité religieuse à l'époque 22 Que la stèle doive être datée en 155-156 selon l'ère de Sylla est confirmé par la coiffure de Maxima, la défunte. En effet, bien que stylisée, la coiffure correspond à celle que portait Faustine la Jeune (« 1er type») et qui fut répandue dans l'Empire après 147-148. Ce type de coiffure a certes survécu, mais pas au-delà du III e siècle. Ceci permet donc d'exclure une datation de la stèle selon l'ère d'Actium et parle en faveur de celle de Sylla. Au sujet du «premier type» de Faustine la Jeune, voir Fittschen, K., Die Bildnistypen der Faustina minor und die Fecunditas Augustae. Abhandl. Akad. in Göttingen. Piniol.­hist. Kl. 3, 126 (1982) pp. 44 et suiv n os 1-6, 8-11, pi. 8-13. 23 Les stèles n os 13-14 sont datées par Varinlioglu en fonction de l'ère de Sylla ; voir Epi­graphica Anatolica 13 (1989) pp. 20-21 n° 5 ; p. 30 n° 16.

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