Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 73. (Budapest, 1990)

GERSZI, TERÉZ: Nouvelles attributions aux maîtres de la cour de Rodolphe II

qui, par comparaison avec le dessin qui nous occupe, est en composition inversée, mais présente les mêmes dimensions. Le dessin allégorique qui encadre la scène est de Joris Hoefnagel, de même que ceux de la série de douze gravures d'Egidius Sadeler d'après Hans von Aachen portant le titre de Salus Generi Humani, qui a été publiée par Balthasar Caymox, tout comme celle qui représente les Rois mages. 24 À Munich, Hans von Aachen entretenait des rapports suivis avec Joris Hoefnagel et Egidius Sadeler. 25 Cette gravure représentant l'adoration des Rois mages illustre elle aussi leurs activités créatrices communes, et elle constitue en quelque sorte un prélude aux travaux qu'ils réaliseront ensemble par la suite à Prague. Cette gravure a été publiée en pendant à une estampe d'Egidius Sadeler d'après Bartholomäus Spranger représentant le repos de la Sainte-Famille pendant la fuite en Egypte (fig. 20). 26 Il n'est pas exclu que le modèle, le dessin de Spranger, soit parvenu entre les mains de Sadeler à Munich par l'entremise de Hans von Aachen. En effet, le peintre interrompit son séjour en Alle­magne pour accompagner Guillaume V à Prague en 15 88. 27 La composition du dessin de Hans von Aachen conservé au British Museum et le type des personnages indiquent avant tout une influence vénitienne. La répartition des personnages sur deux axes diagonaux qui se croisent rappelle l'art de Veronese, de même que le drapé abondant et la décorativité des vêtements. 28 Le visage des vieillards évoque les types que l'on trouve chez le Tintoret ou chez Veronese, et seul celui, étroit et plein de finesse de la Vierge, fait plutôt penser à une influence du Parmesan, probablement exercée par le truchement de Frederik Sustris. Les impulsions provenant de l'art vénitien sont beaucoup plus fortes dans la constitution de la personnalité artistique de Hans von Aachen que chez les autres maîtres de la cour de Rodolphe II. C'est en effet à Venise qu'il fit d'abord étape lors de son voyage en Italie de 1574. À son retour de Rome, il y fit encore un bref séjour, et tout laisse supposer qu'il retourna à Venise dans le courant de l'année 1588, et qu'il s'y rendit de nouveau après s'être fixé définitivement à Prague. Les tableaux du Tintoret et de Veronese qui figurent dans la collection de Rodolphe II l'inspirèrent également de façon répétée. On sent aussi l'influence du picturalisme vénitien dans le style de dessin de l'Adoration des Rois mages. C'est ainsi que le lavis (qui abonde en nuances de ton) et le dessin intérieur très différencié sont plus marqués que les contours, qui ne détachent pas nettement les formes. Il est indiscutable que les années passées à Rome par Hans von Aachen devaient se révéler déterminantes dans l'élaboration de son style de dessin, et plus particulièrement l'influence qu'exerça sur lui Jan Speckaert, mais ces impulsions remontant à Rome se sont ensuite enrichies d'une sensibilité picturale qui fut renforcée par la découverte de l'art vénitien. Hollstein XXI-XXII, n os 18-30 (reproduit en partie). Fucikova, E., Münchner Jahrbuch 21 (1970) pp. 134. et suiv. Hollstein XXI-XXII, n° 36 (reproduit). Fucikova, op. cit. pp. 135-136. Piovene, G., L'opéra compléta del Veronese, Milano 1968, 165 a.

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