Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 73. (Budapest, 1990)

GERSZI, TERÉZ: Nouvelles attributions aux maîtres de la cour de Rodolphe II

cette découverte vient en augmenter le nombre. Il s'agit d'une copie de la Sibylle de Delphes représentée dans la fresque du plafond de la chapelle Sixtine (Vienne, Aka­demie der bildenden Künste; fig. 14). 13 Cette figure très plastique, aux contours d'une vigueur frappante, présente des contrastes d'ombre et de lumière beaucoup plus marqués que ceux de la figure représentée de dos dans le dessin qui est conservé au Gabinetto Nazionale de Rome. En accentuant les contrastes, Heintz a voulu faire sentir la force plastique de la figure de Michel-Ange, mais celle-ci n'a rien de massif, grâce à son travail minutieux tout en finesse. Dans ses copies de Michel-Ange, Heintz suit, non pas la manière de dessiner assez libre et enlevée des esquisses du maître, mais plutôt celle des crayons aux surfaces lisses, égales et très achevées de ses « dessins­cadeaux». 14 Mais il a remodelé l'original de par son interprétation personnelle. Il a changé la direction du regard de la Sibylle et son caractère, ses yeux vifs et son regard perçant sont tout autant mis en relief que dans le cas des Deux Génies aux vases d'après Raphaël, dont nous avons déjà parlé (fig. 11). A l'origine, la Sibylle a la bouche ouverte. Chez Heintz, elle est fermée. De même, il lui a donné des sourcils plus courts et plus arqués, ce qui rapproche son visage de l'idéal de Heintz, teinté d'un lyrisme digne du Corrège. En 1587, Heintz quitta Rome pour Venise, où il séjourna jusqu'à la fin de l'année 1589. Nous avons connaissance, pour cette période de son œuvre, de copies de compo­sitions de Veronese et de Tintoret, ou de certains de leurs personnages. Les copies qui datent de son séjour à Rome sont pour moitié à la plume et pour moitié au crayon, tandis que celles qu'il fit à Venise, du moins celles qui nous sont connues jusqu'ici, sont des lavis sur traits de plume. De toute évidence, cette technique se prêtait mieux à rendre la qualité picturale des œuvres vénitiennes. Une grande partie de ses copies de Rome représentent un ou deux personnages, tandis que nous avons connaissance, parmi celles de Venise, de deux compositions complètes de Tintoret et d'une composi­tion entière de Veronese. 15 Les conceptions de composition particulièrement dyna­miques des deux grands maîtres durent le séduire davantage. Il dut tout spécialement être frappé par les personnages en raccourci très osé de Tintoret et l'enchaînement mouvementé de ses groupes. On peut voir à l'Académie de Vienne, parmi les dessins italiens non identifiés, un dessin à la plume que l'on peut attribuer à Heintz (fig. 15), 1(i et qui est en gros conforme à une composition du Tintoret conservée à Budapest (Musée des Beaux-Arts; fig. 16), 17 représentant Hercule chassant le faune de la couche 13 jsjo d'inv. : 2324 : « Artiste italien du XVI e siècle» : Sibylle de Delphes, sanguine et pierre noire, 281 x175 mm. (Le professeur J. O. van Regleren Altena attribuait le dessin à Federigo Zuccari). Tous nos remerciements à notre collègue Ulrike Jenni pour les photographies et l'auto­risation de publier. 14 Hartt, F., The Drawings of Michelangelo, London 1971, pp. 249-258. 15 Zimmer, op. cit. (n. 2) : A 39, fig. 75 ; A 42, fig. 79 ; A 43, fig. 81. if» ]vjo d'inv. : 3802 : « Hercule chassant le faune de la couche d'Omphaic. » Inscription au verso : Josepho Eens. Sanguine et pierre noire, 272X210 mm. 17 Pigler, A., Katalog der Galerie alter Meister, Budapest 1967, p. 694. (N° d'inv. : 6706).

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