Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 68-69. (Budapest, 1987)

TÁTRAI, VILMOS: Une peinture peu connue de Garofalo

UNE PEINTURE PEU CONNUE DE GAROFALO L'histoire du Christ et de la femme adultère ne figure que dans l'Evangile selon Saint Jean (VIII, 1—11), où elle est considérée comme une interpolation postérieure. C'est une histoire sans élément surnaturel, elle n'est pas appellee à témoigner du pouvoir miraculeux du Christ, mais elle préconise la victoire de l'humanisme paisible et pardonnant sur les émotions vulgaires qui essaient de se justifier par la loi. Seul Rembrandt était capable d'exploiter complètement le dramatisme et les possibilités de représentation des états d'âme que contient l'épisode dans sa peinture peinte en 1644 (Londres, National Gallery). Les mots du Christ: ,,Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle", forcent tout d'un coup les accusateurs à faire face à eux-mêmes. Ce processus d'âme est plus difficile à exprimer de façon authentique par les moyens des beaux-arts que les émotions provoquées par n'importe quel événe­ment miraculeux: résurrection, guérison miraculeuse etc. Et si l'artiste veut peindre la repentence de la femme adultère et sa reconnaissance envers son sauveur, cela lui demande au moins autant de sensibilité psychologique. Parmi les peintres représentant l'épisode, à part Rembrandt, on trouve beaucoup d'ar­tistes de premier niveau. 1 Dans l'ensemble des représentations italiennes du XVI e siècle il y a beaucoup de tableaux de Venise. (Au-delà des Alpes le plus grand nombre de ses variations ont été peintes par Cranach et son atelier). La question de savoir pourquoi ce thème était-il tellement apprécié et à la mode justement à Venise et au XVI e siècle mériterait une étude spéciale. Il est certain qu'après avoir étudié les variations vénitiennes du sujet, les intentions des clients, les recherches qui se rapportent à l'arrière-plan d'histoire ecclésiastique et étique, on pourrait en tirer des conclusions intéressantes. Au XVI e siècle, en dehors de Venise, l'apparition du thème est beaucoup moins fréquente. Parmi ces représentations figure la peinture de Garofalo qui est conservée au Musée des Beaux-Arts de Budapest (fig. 62). 2 Le "trait caractéristique" du tableau, c'est la représentation la plus classicisante du sujet. Son origine de Ferrare n'a ja­mais été contestée, mais son attribution a été mise en question pendant très longtemps. Nous y reviendrons encore plus en détail, mais déjà la tendance à réaliser une composition "plus romaine que la romaine" témoigne de la main du peintre célébré jusqu'au XIX e siècle comme le "Raphaël de Ferrare". 1 Pigler, A., Barockthemen, Budapest 1974, 314—319; Schmid, F., Ehebrecherin (Christus und die E.), in Reallexikon zur deutschen Kunstgeschichte, Band IV. Sutt­gart 1958, p. 792—803. 2 Numéro d'inventaire 165. Huile, tilleul, 55X44 cm.

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