Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 68-69. (Budapest, 1987)

EISLER, JÁNOS: Buste du doge Marco Barbarigo dans la Département des Sculptures Anciennes

peu effacée ne lui prêtait pas d'aptitude pendant le bref délai de son poste de se tenir à des directives strictes en politique soit intérieure soit extérieure; dans la lutte des barons entre eux il devait, avec une duplicité patente, défendre soi­même et sa position. 22 Pendant le temps où il occupait ce poste le volume des travaux architec­turaux avait doublé au Palazzo Ducale. Il poursuivit les travaux de construc­tion engagés par ses prédécesseurs; il construisait et rénovait des ponts sur les canaux. Les brèves biographies écrites au XIX e siècle mentionnent également, suivant certainement des traditions séculaires, son dur conflit avant sa mort avec son frère Agostino, son futur successeur, et attribuent à ce conflit la mort de Marco. A partir de Sanudo — qui présenta Agostino comme „doge diabolico" — les historiens opposaient nettement la presonnalité des deux frères. 2 ' 5 Ce qui est certain c'est que à commencer par les contemporains, Sanudo et Malipiero, les historiens futurs parlaient de Marco Barbarigo comme d'un souverain intel­ligent et de bonne mémoire. Dans les monuments funéraires des doges vénitiens exécutés au cours des années 1470—1490 les statues offrent une excellente caractéristique des défunts. Un historien du XIX e siècle de la République Vénitienne, H. Kretschmayr ca­ractérise avec justesse dans ses resumes 24 les fonctionnaires dirigeants de ces deux décennies, dont le caractère se révèle avec exactitude dans les différentes pièces de cette série qui, de point de vue de l'histoire de la sculpture, peut être désignée comme série d'effigies réalistes. Dans leur forme définitive les statues sont sculptées en pierre, mais il est à supposer que précédemment elles étaient faites en terre cuite. Elles sont dues à un art de portrait capable d'observer et de présenter les caractères et qui a fixé avec fidélité pour la postérité les traits des hommes d'Etat de talent plutôt modeste tels que le riche et libéral Niccolo Tron (1471—1473) avec son expression ouverte et pleine de bonne volonté (voir: A. Rizzo: Chiesa dei Frari); le philanthrope Niccolo Marcello (1473—74) avec son visage un peu jovial, banal; l'amiral Pietro Mocenigo (1474—76) avec ses traits virils, son regard ferme; Andrea Vendramin, plein de prudentes délibérations (1476—78) avec son regard plein de pédanterie, donc désigné par le peuple, non par hasard, comme ,,poin­tilleux"; et enfin contrairement à la chronologie observée jusqu'ici, Tommaso Mocenigo, ayant eu le poste de doge plus tôt (1413—23) mais n'ayant eu son mo­nument funéraire qu'au début des années soixante-dix, où le portrait de Fhom­me politique de grand talent exprime une intelligence intérieure. Il nous semble que les statues énumérées, en leur majorité oeuvres de Pietro Lombardi, puisaient dans l'art de portraitiste de Gentile Bellini, et an­noncent déjà les portraits de caractère de Giovanni Bellini. Pour le démontrer il suffit de nous référer aux traits rustiques, un peu violents de Giovanni Moce­nigo (1478—85) dans son profil peint par Gentile Bellini, et aussi au chef d'oeuvre de Giovanni Bellini représentant Leonardo Loredan (Londres, National Gal­lery). 25 22 Enciclopedia Italiana op. cit. (note no 20) 131. 23 Kretschmayr, H., Geschichte von Venedig I —II, Gotha 1920, II. 367. 24 Kretschmayr, H., op. cit. (note n° 23) 367—377 25 Pignatti, T., A rediscovered portrait by Gentile Bellini. The Burlington Maga­zin. Parlant de la typologie des portraits de doges et de ces portraits datant de la seconde moitié du quattrocento, Zur Capellen, J. M Zum venezianischen Dogen-

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