Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 68-69. (Budapest, 1987)

EISLER, JÁNOS: Buste du doge Marco Barbarigo dans la Département des Sculptures Anciennes

daille et sur la terre cuite de Budapest, avec le nez qui avance en angle aigu du méplat du front, la lèvre inférieure qui tourne vers le bas dans les deux coins de la bouche. Après tout cela, il n'y a pas de doute que la sculpture de notre collection représente Marco Barbarigo, 73 e doge de la République de Venise. Jusqu' à la guerre de la Ligue de Cambrai, les monuments funéraires d'hon­neur, auxquels les doges contribuaient par office avec des sommes d'argent, se suivaient au rythme accéléré, et devenaient de plus en plus importants et grands tant en dimensions que dans le nombre des figures d'accompagnement et dans la richesse des détails tectoniques et décoratifs. Les spécialistes sont en général d'avis que c'est Pietro Lombardi et sa famille qui avaient exécuté les monuments funéraires de Niccolo Marcello, Pietro Mocenigo, Andrea Vendramin et Gio­vanni Mocenigo. 11 Par contre les monuments funéraires des deux doges sui­vants, de Marco et son frère Agostino Barbarigo, furent détruits. Ils furent dé­molis en 1807 quand le lieu où ils s'élevaient, la S. Maria délia Carità fut trans­formée en siège de l'Accademia di Belle Arti. 12 Nous connaissons pourtant exac­tement la forme originale, de cette époque, du monument funéraire grâce à deux gravures fidèles qui nous en sont parvenues. 13 L'une d'elles, la gravure de suor Isabella Piccini fixe l'état au début du XVI e siècle (fig. 60). 14 Partant de cette gravure le monument funéraire des deux frères Barbarigo était un monument double, pourvu d'un autel, passant pour extraordinaire dans la série de monu­ments funéraires des doges vénitiens. Comme la gravure le montre très bien, les deux frères sont deux fois représentés sur le monument : au plus bas niveau du monument à trois arcs, ayant un autel à l'axe médian, agenouillés à la hau­teur de l'autel ; ensuite dans la zone gauche on reconnaît Marco Barbarigo sur le catafalque placé au niveau médian, et au côté droit de l'autel et du monu­ment funéraire apparaît dans la même position le jeune frère Agostino. Se servant de sources écrites de l'époque on peut suivre l'exécution du mo­nument funéraire des Barbarigo à Santa Maria délia Carità. 15 Le 3 août 1486, peu avant sa mort (14 août) le doge Marco Barbarigo a modifié son testament. Conformément à cela, au lieu de l'église Santa Andrea délia Certosa, construite par son père et où gisaient déjà ses frères Jacopo (+1466) et Girolamo (+1467), il voulait se faire enterrer à un nouvel endroit, fixé par l'exécuter testamen­taire qui ne sera pas autre que la République même. C'est que son corps n'est plus à lui, ni à sa famille, mais à la République, puisque vu son poste élevé il 11 V. B. note no 2; le monument funéraire de Niccolo Marcello est éliminé de la série par Brand, H. G., op. cit. (note no 3) 171—184; Markham Schulz, A., Pietro Lombardo's Barbarigo Tomb in the Venetian Church of S. Maria délia Carità, in: Art the Ape of Nature, New York 1980, 187. 12 La meilleure élaboration de l'histoire du monument funéraire: Markham — Schulz, A., op. cit. (note no 11). 13 Singer, H. W., Allgemeiner Bildniskatalog, Leipzig 1950, I. 164, no 4841: Marco Barbarigo gravure sur cuivre de J. Piccini au Kupferstichkabinett de Dresde A 855,2; no 4842; gravure sur cuivre de Lazzarini, également à Dresde, Kupferstich­kabinett A 875,06. Le monument funéraire des frères Barbarigo est décrit par San­sovino, Fr., Venetia città nobilissima et singulare descritta in XIII libri Venise 1581 95. 14 Singer, H. W., op. cit. (note no 13) no 841; — illustré Markham Schulz A., op. cit. (note no il) fig. i. 15 Markham Schulz, A., op. cit. (note no 11) 173—174.

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