Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 68-69. (Budapest, 1987)
GERSZI, TERÉZ: Un dessin de Jan de Mont
effets de contours et surtout les thèmes de ces oeuvres montrent que la formation de l'art de ce maître puissant fut fortement influencée par les reliefs antiques. La composition représentant une scène de sacrifice antique (fig. 92) 2 qui figure parmi les dessins d'auteurs inconnus du Musée des Beaux-Arts de Budapest, témoigne d'une part de l'influence des reliefs romains, d'autre part des rapports avec l'art de Polydore. Le dessin à pinceau plein de dynamisme de qualité supérieure fut exécuté sur du papier bleu à l'encre grise et à la rehaussé de gouaohe blache (oxydée par endroits). On voit bien les traits de craie épais et légers du dessin préparatoire qui sont par endroits différents du dessin à pinceau. En haut à gauche de la feuille on voit l'esquisse à craie d'un personnage debout; l'inscription à crayon qui date du XIX e siècle — ,.Franck" —, que nous voyons dans le coin en bas, renvoit vraisemblablement à Pauwels Franck. Le dessin est arrivé au musée en 1901 faisant partie du legs important de dessins et de gravures d'István Delhaes, peintre et restaurateur hongrois d'origine belge qui vivait à Vienne. L'attribution du dessin flottait entre les écoles italiennes et celles du Nord, et récemment on l'a rangé parmi les inconnus allemands du XVI e siècle. Son style témoigne d'un maître du Nord de formation à l'italienne. C'est une esquisse de sculpteur typique qui se contente de rendre les formes d'une façon simplifiée, de faire sentir leurs effets plastiques et le dynamisme des gestes. Nous pouvons attribuer l'oeuvre à Jan de Mont (Hans Mont, Johannes de Mont), sculpteur né à Gand qui travaillait à Rome, à Vienne, à Prague et à Ulm, dont Karel van Mander écrit comme d'un disciple de Jean Boulogne dans sa biographie. 3 Mont alla à Vienne avec Spranger avec une recommandation de son maître et entreprit un travail de sculpteur sur la commande de l'empereur Maximilien II. En 1576, après la mort de l'empereur, il exécuta les plans et les ornements d'un arc de triomphe pour l'occasion de l'entrée du nouvel empereur, Rodolphe II à Vienne, comme nous l'apprenons du témoignage de Karel van Mander, qui lui aussi était là et participait aux travaux. Les statues en stuc et en terre cuite sculptées pour l'arc de triomphe ont été détruites, tout comme la partie peinte de l'arc de triomphe exécutée par Spranger et Karel van Mander. Mont suivit le nouvel empereur à Prague, mais nos informations concernant ses activités là-bas sont encore moins suffisantes. Selon van Mander, après avoir attendu en vain des commandes à Prague il perdit patience et quitta la ville au bout de quelques mois pour se rendre après en Turquie. 4 Les bordereaux conservés aux archives et les nouvelles recherches contredisent cette hypothèse et nous invitent à supposer un séjour de plusieurs années à Prague. Il est possible que Mont participa à la décoration sculpturale du château de Bucovice vers 1580. 5 E. Fueikova a souligné que H. Ulrich Krafft, commerçant d'Ulm écrivait de lui dans son Itinéraire: c'est qu'en 1582 Krafft rencontra Mont en route vers l'Italie et que deux ans après il le revit à Ulm 2 No K. 58.202, pinceau, encrç grise, rehaussé de gouache blanche, pierre noire, papier bleu, 225X278 mm. 3 Mander, Carel van, Das Leben der niederländischen und deutschen Maler. (Übersetzung und Anmerkungen von Hanns Floerke) München, Leipzig 1906, II. p. 149—153. 4 Mander, op. cit. p. 155. 5 Vacková, J., The Imperial Room in the Castle at Bucovice in Moravia. Some Remarks to the Origin and the Meaning of its Decorations. Jaarboek Koninklijk Museum voor Schone Künsten. Antwerpen 19 (1979) p. 227—245; Krcálova, J., Zamek V Bucovicich. Praha, 1979.