Szabó Miklós szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 65. (Budapest, 1985)

MAURER, DÓRA: Développement de l'intelligence visuelle. Enseignements tirés du travail d'un cercle artistique

Une fois arrivés à l'examen détaillé de la représentation spécifiquement photographique, nous nous engagions au travail par les différents genres du montage. C'est à cette tâche que furent consacrées les occupations complexes qui suivirent à plusieurs réunions. Les paramètres de cette tâche furent pris à l'oeuvre collective réalisée en 1973 par Petr Stembera, artiste activiste pra­guois. Stembera nous envoya les reproductions d'un panneau gothique, faites par ses collègues, avec la demande de faire représenter sous quelque forme les personnages figurant sur le tableau et de lui envoyer la documentation. Dans notre version, les participants se dispersèrent dans le musée et, tenant en secret leur choix, observèrent à fond tel ou tel tableau à plusieurs personnages. Ils en firent des notes et ensuite, devant l'appareil photographique, tous créèrent la scène du tableau choisi., créèrent à l'improviste des objets usuels, réglèrent les lampes de l'atelier et jouèrent, chacun pour soi, chaque personnage du panneau, en changeant aussi de costume. Les négatifs furent immédiatement développés et, voyant les défauts, chacun pouvait même plusieurs fois corriger la pose. Après l'agrandissement des photos vint le moment de chercher l'original au musée. Ceux qui l'ont trouvé en ont fait des reproductions éclairées conformément aux règles et avec une mise au point exacte. Au cours de ce travail la plupart des participants ont changé d'attitude: les enfants que l'on ne pouvait pas forcer à voir une exposition étaient fiers de la ,.tâche" à accomplir au musée, ils allaient et venaient comme des intimes et posaient des tas de questions sur les thèmes des tableaux observés; les enfants renfermés représentèrent réso­lument les personnages de l'oeuvre choisie et témoignèrent d'un vif sentiment d'humour (fig. 39—41). La particularité de l'appareil photographique est qu'il regarde ,,d'un seul oeil". En l'imitant, nous acquérons plusieurs petites expériences à un oeil, c'est­à-dire ,,sans espace"; il faut toucher des objets, passer par une ligne tracée sur le parquet. En regardant d'un seul oeil la photo des formations spatiales peut être manipulée. On dessine trois lignes droites parallèles sur un papier à dessin, et chacun le photographie (fixe son observation faite d'un oeil) d'un point de vue, sous un angle qui permette de confirmer la thèse ci-dessus. La perspective s'accélère. Sur le papier à dessin ondulé les lignes ont entre elles des rapports différents etc. Sur une plaque de verre, placée horizontalement, on dessine une figure régulière, par exemple un cercle. Sur le papier à dessin, placé sur la table, on en trace une projection qui, vue du point donné, semble coïncider avec la figure dessinée sur la plaque de verre, mais en réalité s'allonge bien sur le papier. Au lieu de faire des constructions et des essais, nous exécutons, avec pro­jection dia. un grand dessin commun anamorphe de la façade du musée. Les détails de l'image projetée sont déformés au point d'être irreconnaissables. Le dessin fini nous mettons de côté le diascope et cherchons le point d'où on voit la façade du musée de nouveau dans ses vraies peoportions, mais elle paraît à la fois sortir de la surface du papier fixé sur le mur (fig. 42. a-b). A la fin du siècle dernier on trouvait encore trop abstraite la platitude de la photo prise d'un seul point de vue, et l'appareil stéréophoto fut découvert. Nous faisons l'expérience d'un tel appareil et nous voyons que, conformément à la physiologie visuelle de l'homme, l'image vue par l'oeil gauche se présente du côté droit et à l'inverse. Avec des lunettes rouges-vertes nous regardons des figures .,évocatrices de l'espace". Nous cherchons à exécuter des prises avec le

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