Szabó Miklós szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 65. (Budapest, 1985)
SULLIVAN, EDWARD J.: Une peinture de Juan Antonio Escalante a Budapest
Van Dyck, 1 "' une opinion partagée par E. Trapier dans son étude sur Van Dyck et, l'art à Madrid à la fin du 17 e siècle. 16 Elle cite aussi une autre peinture datant de 1663, L'Annonciation, qui figure à présent à la Société Hispanique d'Amérique à New York, rappelant les couleurs chaudes des peintures de Van Dyck. 1 ' Durant le reste de sa vie, Escalante combina adriotement ces deux sources visuelles. Sa plus grande commande fut une série de 18 peintures sur l'Ancien Testament symbolisant l'institution de l'Eucharistie, exécutées entre 1667 et 1668 pour l'église de la Merced Calzada à Madrid. Cette série est à présent dispersée et certaines peintures sont perdues. Parmi les plus connues se trouvent celles de la Prudente Abigail et Le Triomphe de la Foi sur la Raison qui sont au Prado. On peut rapprocher certaines peintures de cette série de celles de peintres espagnols contemporains ou presque. Les couleurs vives, parfois pastels, utilisées ainsi que la luminosité égale, rappellent l'art de Murillo et d'Alonso Cano, deux peintres qu'Escalante aurait très bien pu étudier et rencontrer à Madrid. Escalante reçut aussi des commandes d'institutions religieuses pour décorer de nombreuses églises baroques qui se construisaient dans la capitale et ses alentours à la fin du 17 e siècle. Escalante exécuta deux grandes toiles de Saint Jean et Sainte Marie Madeleine (in situ) pour l'église bénédictine de San Placido. Palomino mentionne aussi le concours apporté par Escalante à la création du reposoir eucharistique (monumento), à présent perdu, qui devait être utilisé dans la Cathédrale de Tolède lors de la Semaine Sainte. Cette commande avait été faite en 1668 au maître de l'artiste, Francisco Rizi, qui travaillait en collaboration avec Carreno de Miranda et Dionisio Mantuano. Palomino et (dans une biographie ultérieure) J. A. Ceán Bermúdez citent tous les deux de nombreuses autres commandes religieuses faites à Escalante. 18 Aux environs de 1670, Escalante fut atteint de tuberculose et mourut à l'âge de 37 ans, mettant fin à une carrière qui, selon Palomino, fut merveilleusement ingénieuse (de tan peregrino ingenio). Sa mort engendra une immense tristesse parmi ses collègues qui attendaient de lui d'autres oeuvres brillantes (adelantamientos muy superior es). Pour en revenir à la peinture de Saint Sébastien, il y a deux questions qui se posent. La plus importante est celle de la date, et l'autre concerne sa signification. En ce qui concerne le premier problème, on peut discuter d'une date se situant au tout début des activités de l'artiste, à une époque où il était encore très sensible à une conception idiosyncratique et maniérée des sujets, et où son art était principalement dominé par l'influence de l'art vénitien. On peut dater donc cette peinture vers la fin des années 1650, peut-être même avant la première oeuvre d'Escalante qui nous reste, le Saint Antoine mentionné auparavant, dont elle se rapproche par la pose et la conception physique du sujet. Il est aussi intéressant de noter les fortes ressemblances dans la pose tordue des sujets et le rôle dominant joué par les arbres dans la Sainte Catherine de Madrid et le Saint Sébastien. Nous publions ici aussi une photographie d'une autre oeuvre connue d'Escalante qui pourrait dater de la même époque que celle de '"' Beruete y Moret, A., The School of Madrid, Londres 1909, page 227. 1ti Trapier, E., ,,The School of Madrid and Van Dyck," „The Burlington Magazine, 99 (1957) page 270. 17 Trapier, page 270. 18 Ceán Bermúdez, J. A., Diccionario historico de los más ilustres profesores de las bellas en Espana, I, Madrid 1800, pages 28—30.