Szabó Miklós szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 65. (Budapest, 1985)
WESSETZKY, VILMOS: Table d'offrandes a inscription démotique au Musée des Beaux-Arts
on a observé un phénomène naturel selon lequel le début de la crue bienfaisante du Nil tombait chaque année sur la même période de l'été. Cette observation fut accompagnée d'une autre — celle du ciel — selon laquelle le début de la crue du Nil pouvait être mis en rapport avec le lever héliaque (juste avant le lever du Soleil) du Sirius, la brillante étoile du chien (Canis). Sirius — Spd.t pour les Égyptiens et Sothis pour les Grecs —, déesse de la crue du Nil et, en même temps, du Nouvel An fut identifié avec Isis la toute pouissante. Le relief du sanctuaire d'Isis à Savaria, monument de son culte fleurissant aussi à l'époque romaine, représente également la figure d'Isis-Sothis sur le dos du chien. L'identification de Sothis avec de nombreuses autres divinités est remarquable même si l'on tient compte de l'importance du syncrétisme dans la religion égyptienne. On connaît ses rapports avec Isis, Hathor, Boubastis, Mehit, Zeshat et — ce qui est important pour notre sujet — avec la déesse Satet. Leurs rapports étroits s'expliquent d'une part par leur caractère et par leurs activités analogues et, d'autre part, par la ressemblance de la graphie de leur nom, par leurs attributs identiques et par les jeux de mots qui en résultent. Le caractère sacral de ces jeux de mots 7 revêt une importance particulière dans ce cas. Soulignant le caractère positif* de l'activité de Sothis, nous devons examiner aussi les épithètes de la déesse ainsi que son appellation dans notre inscription. Quoique l'explication du nom de la déesse soit connue, il reste à interpréter le texte de Plutarque selon lequel l'identité des termes ,,enceinte" et ,,chien" dans le grec explique le nom de Sothis et celui de l'étoile du chien. 9 Sans parler du fait que le nom d'Anubis est expliqué par Plutarque de la même façon, c'est-à-dire par l'identité des termes ,,conçoit tout en lui-même" (xviov iv eavxoj) et ,,chien" (xvcov), 10 il n'est pas clair pourquoi Plutarque a mis en rapport le nom égyptien de Sothis avec le terme ,,enceinte". Dans l'égyptien, ce terme serait désigné par les mots sbq3 et sjwr. Le sens original du mot Spd.t est ,,pointu", ,,aigu". 11 Il est aussi vrai qu'à la Basse époque la consonne „p", remplacée quelquefois par „/", est omise — ce qui est prouvé aussi par le nom grec Sothis 12 — et le nom peut plutôt être mis en rapport avec le verbe „stj" („jeter", ,,verser"). Cette hypothèse est appuyée aussi par un jeu de mots désignant la déesse Sothis: ,,celle qui verse le Nil". l:i Un sens secondaire du terme stj: „jeter de la semence, du sperme" c'est-à-dire „féconder" (,,fécondée") 14 peut peut-être servir de base à l'étymologie proposée par Plutarque. La mise en rapport du nom de la déesse avec le mot stj permet encore une autre analogie: le nom de la déesse Satis (Stj.t dans l'égyptien) maîtresse d'Éléphantine. Cette analogie pouvait être à l'origine de l'identification des déesses Sothis-Satis 15 ce qui est très important quant à l'explication de l'épithète ,,maîtresse de l'Orient" dans le texte. La mise 7 Cf. l'étude de référence de Morenz S., Wortspiele in Ägypten, Festchr. J. Jahn, Leipzig 1957, p. 23 sqq s Pour le double caractère de Sothis, son aspect positif et négatif cf. Kákosy L., Die mannveibliche Natur des Sirius in Ägypten, Studia Aegyptiaca 11 (1976) p. 41 sqq. Explication basée sur l'inondation fécondatrice du Nil et sur la chaleur brûlante qui la suit. 11 „Isis et Osiris" ch. 61 lu op. cit. ch. 44 11 Wörterbuch IV, 108 12 Cf. Morenz, op. cit. (n. 7 supra) p. 28 et Bergman, J., Isis-Seele und Osiris-Ei, Acta Univ. Upsaliensis. Hist. Relig. 4 (1979) p. 46, n. 4 13 Morenz, op. cit. (n. 7 supra) 14 Wörterbuch IV, 347; Cf. Bergman, op. cit. p. 42, n. 2 15 Wörterbuch IV, 348