Szabó Miklós szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 64. (Budapest, 1985)
MRAVIK, LÁSZLÓ: Antonio Francesco Peruzzini: un peintre „préromantique” du debut du settecento
gences, ont le même caractère que ces oeuvres magnifiques et que la tentation de Saint Antoine de Porro. 12 L'élément figuratif s'intègre complètement dans le paysage tailladé, déchiré par l'orage. On y voit des monts lumineux, formés de blanc et de bleu, des collines sablonneuses, des arbres balancés par le vent, tout comme sur les autres tableaux, déjà publiés, de Peruzzini. La manière picturale n'est pas aussi souple que celle des paysages de Magnasco, son modèle; chez le maître plus jeune l'expression ne vise pas le fantastique mais le romantisme. C'est probablement des mêmes années que date l'oeuvre représentant Saint Jean Baptiste dans le désert (fig. 43) qui fut mise en vente il y a peu à Budapest, et avait appartenu jadis au château Schmidt de Kiscell. Sa conception, la tendance à la virtuosité de son exécution le rapprochent directement des oeuvres publiées par Gregori. 13 Les tableaux de Peruzzini conservés jadis dans la collection du grand-duc de Florence montrent que le maître appliqua sa vision romantique aussi aux paysages maritimes. L'exécution de l'eau ne change pour ainsi dire rien à l'atmosphère, au coloris des tableaux, comme s'il était tout égal pour lui si c'est un paysage de monts et forêts ou la mer qui ,,roule des vagues". Un des plus beaux tableaux représentant la mer tempétueuse est acquis par le Musée des BeauxArts (fig. 44) et classé sous le nom de Marco Ricci. 14 La couche de vernis y est fort jaunie, ainsi aujourd'hui les nuages blancs ont la couleur d'un jaune brunâtre. Il est probable qu'un nettoyage intensifierait le dynamisme, la vivacité du tableau révélant ainsi toute la beauté d'une des oeuvres, probablement les plus tardives, de l'artiste. Autant que puisse paraître rassurante l'attribution à Peruzzini des quatre oeuvres citées — dont les deux en format oblong peuvent être prises pour les plus importantes parmi celles peintes par lui seul — autant est incertaine, ou presque, l'attribution des tableaux peints aux environs ou avant 1700. A cette période, l'influence exercée par Magnasco sur Peruzzini était bien plus intense, la représentation par exemple des arbres, de la végétation est plus estompée, le dynamisme „explosif" du paysage entier y manque encore, et dans l'exécution des personnages on trouve nettement des stéréotypes de Magnasco. Il est fort vraisemblable que, grâce à un hasard tout particulier, deux pièces dues aux activités précoces de Peruzzini ont échoué en Hongrie, si, en tout cas, même le mot ,,vraisemblable" peut être employé à propos des oeuvres relativement précoces du maître. La plus importante, un grand paysage avec laveuses et moines, fut mise en vente sous le nom de Magnasco, et depuis, malheureusement, 12 Paysage avec un grand arbre et avec des personnages en conversation — Paysage avec des personnages. Toile, chacune 57X117 cm- Antérieurement les deux pièces à Budapest, dans la collection de György Fenyő; de là, l'une fut acquise par János Polgár, l'autre par Oszkár Horváth, et ensuite les deux passèrent au commerce d'art. C'est là que l'actuel propriétaire les acheta, à part chacune et rénuit ainsi de nouveau les deux pendants. 13 Toile, 97X73 cm.; en 1943, à Budapest, à la 107e vente aux enchères de la Caisse d'Epargne, sous N° 93, elle fut vendue comme oeuvre d'un peintre génois du 18 e siècle; récemment elle fut vendue à la 64 e vente aux enchères du Magasin de Marchandises en Commission, en 1984, sous le N° 36; à présent elle se trouve dans une collection particulière de Budapest. 14 N° d'inv.: 63.10. Toile, 72,2X67,5 cm. Cf. Pigler, A., Katalog der Galerie Alter Meister, Budapest 1967, p. 507, et Garas, K., op. cit. No 39. Pigler l'attribua à un maître de l'Italie du Nord, proche de Marco Ricci, et Garas, se fondant sur l'exposition à Belluno, l'attribua à Marco Ricci.