Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 60-61. (Budapest, 1983)

CIFKA, BRIGITTA: Lettre inédite de Maillol a József Rippl-Rónai

et du plaisir que chacun avait éprouvés de son côté de découvrir le portrait d'une vieille petite paysanne pâle à l'oeil vif, portrait de grand'mère, signé d'un nom étranger, qu'aucun de nous jusque'là n'avait entendu prononcer. Bonnard, Vuillard, Vallotton, Ker Roussel et, je crois, Maurice Denis, étaient d'accord pour rendre justice à l'inconnu. Tout à fait inconnu, car nous ignorions encore Maillol dont ce Rippl-Rónai était déjà l'ami." 5 En 1899 Maillol ,,1'attira" à sa terre natale, à Banyuls où il passa plusieurs mois avec sa future femme Lazarine Boudrion. „A l'aube la famille Maillol était en général sous notre fenêtre . .. afin d'aller, comme de coutume, à la fontaine dans les montagnes. Là . . . ou bien nous nous sommes immédiatement mis au travail, ou bien nous sommes allés à une plaine située non loin de là pour peindre. C'est-à-dire, pour peindre, c'était plutôt moi, et Maillol dessinait plutôt ses cartons de tapisserie faits dans une conception archaïque, avec grand soin amour et conviction." 6 Rippl se vante de l'avoir ,,poussé à s'occuper plus inten­sément de la sculpture", tout en reconnaissant que lui-même commença conseillé par son ami, à „faire des broderies". Le milieu méditerranéen à Banyuls l'a enthousiasmé, sa palette prit des couleurs, il peignit nombreux paysages et l'excellent portrait de son ami qui se trouve aujourd'hui dans la collection du Musée d'Art Moderne de Paris. En 1900 Rippl rentra en Hongrie et désormais il 'nallait en France qu'en visiteur, mais il entretenait une correspondance avec ses compagnons de jadis jusqu'à la fin de sa vie. La lettre suivante de Maillol, datée de septembre 1911, est également une réponse. On y peut lire les nouvelles qu'il recevait de Hongrie: Rippl se vantait de plein droit de l'estime moral et material dont il jouissait. Il acheta une maison dans sa ville natale Kaposvár, loua un appartement avec atelier à Budapest, ses oeuvres se vendaient à bon prix, on écrivait sur lui et juste alors parurent ses Souvenirs illustrés de ses oeuvres. La carrière de Maillol est, certes, d'un élan plus marqué, mais il n'est pas encore arrivé au sommet. On lui emporte ses sculptures, mais, et c'est une grande amertume pour lui, les acheteurs ne sont pas français. Le critique qui, le premier, admire ses sculptures, Julius Meier Graefe 7 est allemand, comme aussi son protecteur le comte Harry Kessler. C'est avec son aide matérielle que fut créée la fabrique de papier de Montval dont il propose les produits dans sa lettre. Son neveu Gaspard Maillol qui dirige la fabrique appartenait aussi à la compagnie des beaux temps de Banyuls et il prit goût à la peinture sous l'impul­sion de Rippl-Rónai. 8 Dans sa lettre Maillol compte les uns après les autres les membres du groupe Nabis, les amis communs, et ensuite, certainement pour répondre aux questions de Rippl-Rónai il dit son opinion sur Picasso. Il n'a aucune compréhension pour les oeuvres de Picasso, déjà cubistes, „il avait pourtant bien commencé". Com­ment sont au fond ces oeuvres? au lieu de s'expliquer il esquisse un portrait — caricaturisant en quelque sorte la manière cubiste de Picasso. Notons que pour l'édition en fac-similé Rippl a choisi deux lettres qui contiennent également de 5 Natanson, T. : Peints à leur tour. Paris, 1948, 294. G Rippl- Rónai, J. : op. cit. 52. 7 Meier-Graefe, J.: Entwicklungsgeschichte der modernen Kunst: vergleich­ende Betrachtung der bildenden Künste, als Beitrag zu einer neuen Aesthetik. Stutt­gart, 1904. vol. I. 395—400. vol. III. 190—191. 8 T h i e m e, U. — Becker, F.: Allgemeines Lexikon der bildenden Künstler, XXIII. Leipzig, 193. 573—574.

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