Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 58-59. (Budapest, 1982)

KAPOSY, VERONIKA: Dessin de Picasso a Budapest

exécutés le 7 septembre 1904. Sur l'un, une jeune femme, représentée en profil, serre contre elle un bébé (fig. 75). 10 Sur l'autre, à encre de Chine, elle se penche sur l'enfant dans ses bras et l'embrasse (fig. 74). 11 Sur le premier, quelques traits individuels se font remarquer dans le visage allongé, ce qui atteste également que les dessins furent exécutés à partir d'une impression directe. La tenue de la main que l'on observe sur les deux feuilles suggère que cette impression avait, peut-être, inspiré, ou du moins était à l'origine de l'idée de la conception artistique. Sur l'un des dessins la main, courbée un peu maladroitement au poignet, aux longs doigts serrés, ensuite s'ouvrant, sur l'autre dessin la tenue des deux mains pouvaient suggérer l'idée d'exécuter des études analogues de mains, basées sur des observations soigneuses. Sur le dessin du Fogg Museum, la petite figure esquissée dans le coin supérieur ne fait que fixer la pose défi­nitive de la tête et des épaules (fig. 76). Cette feuille fut donc exécutée, en utilisant certains motifs plus anciens et après une impression personnelle vécue à une date plus proche, en tant qu'étude préliminaire pour une composition projetée, de plus grandes dimensions, la peinture de Göteborg. L'artiste a, cer­tes, choisi enfin une solution différente sur le tableau définitif, mais ce dessin important n'en pouvait pas moins servir de source à de nouvelles oeuvres, à celles de Paris et de Budapest. En confrontant l'aquarelle de Budapest avec la feuille du Fogg Museum, nous nous sommes rendu compte que malgré les liens évidents entre les deux oeuvres, elle ne pouvait quand-même pas suivre directement l'exécution de l'esquisse. Peut-être, malgré les bonnes qualités de notre feuille, y avons-nous vu l'absence d'une chaleur créative propre aux premières esquisses. A l'opposé de la plasticité modelée de l'esquisse, l'aquarelle de Budapest produit plutôt un effet décoratif grâce au type de visage plus large, au tracé concentré des contours. Tout comme la peinture parisienne est une élaboration ultérieure, une nouvelle interprétation de l'esquisse, l'aquarelle de Budapest devait également être née à une date postérieure, encore que pas trop éloignée. Cette supposition semble trouver sa justification dans les quelques esquisses qui préparent la gravure de Picasso, également de 1905, représentant une famille d'acrobates. 12 Celle qui d'entre elles présente maintenant le plus d'importance pour nous passa à l'Etat français après la mort de l'artiste pour amortir le droit de succession (fig. 77). 13 Le dessin est fait à la mine de plomb et à fusain il représente l'arlequin debout, tournant le dos au spectateur, la main à la hanche, en face de lui une femme, au chignon pointu, tient aux bras son nourrisson, entre eux un chien regardant vers le haut. En bas de la feuille la tête féminine revient, effacée, et à gauche on voit la mère dessinée jusqu'aux genoux. Là, les cheveux ne sont 10 233X150 mm. A un endroit inconnu. Zervos, Ch.: Pablo Picasso. Vol. VI. Paris, 1954. No 654. 11 374X266 mm., à un endroit inconnu. Zervos XXII. N° 93. Picasso a fait plusieurs esquisses à la plume de la mère qui embrasse son enfant. Ce sont des études préliminaires pour la Famille d'acrobates de Göteborg exécutée en 1905. A l'origine, les feuilles étaient dans la collection des soeurs Cone, amies de Gertrude Stein, main­tenant elles se trouvent au Museum of Art de Baltimore. Carlson, V. I.: Picasso Drawings and Water colors in the Collection of the Baltimore Museum of Art. Balti­more (Maryland), 1976. No 5—11 et pp. 96—97. 1L> Bloch, G.: Pablo Picasso. Tome I. Catalogue de l'oeuvre gravé et lithographie 1904—1967. Berne, 1971. No 12. 13 Mine de plomb, fusain, 374X269 mm. Exposition de Picasso. Oeuvres reçues en paiement des droits de succession. Grand Palais. Paris, 1979. N° 396, ill. p. 247; Zervos XXII. No 154.

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