Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 58-59. (Budapest, 1982)
HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNA: Oeuvres de Murillo dans les collections hongroises
à l'ambassadeur danois Edmund Bourke à Londres, ensuite à son legs en 1820 à Paris, en tout 44 tableaux pour la plupart espagnols, qui constituent l'essentiel de la matière baroque espagnole de la Galerie Esterházy, ensuite du Musée des Beaux-Arts. De la collection Bourke un seul tableau passa dans la Galerie qui se trouva alors à Vienne, à Mariahilf (ancien palais de Kaunitz), la „Vierge avec l'Enfant et des anges musiciens" (fig. 45). Ce tableau n'est pas reconnu à l'unanimité comme oeuvre authentique de Murillo. Cependant, parmi les savants seuls A. L. Mayer et D. Angulo ont vu le tableau. Mayer l'a vu encore avant le nettoyage, et Angulo l'a première fois en 1969, déjà après la restauration. Dans sa monographie, parue en 1981, où les variantes ne sont pas classées, il dit que le tableau est „Excelente calidad". 7 C'est L. Alfonso qui le premier affirma, en 1886, lui aussi sans avoir vu le tableau, qu'il n'était pas une oeuvre authentique de Murillo, 8 probablement à cause de la variante célèbre du tableau qui, à ce temps-là, devait être découvert par les savants au palais San Telmo de Seville. Dans son article publié en 1908 Mayer est du même avis, et il le répète à plusieurs occasions. 9 Dans le catalogue de notre musée, paru en langue allemande en 1967, Andor Pigler met également un point d'interrogation après l'attribution à Murillo. Nous sommes pourtant d'avis que le nettoyage fait en 1968 a révélé de telles qualités, une harmonie si délicate des couleurs, que le tableau doit être pris pour une oeuvre authentique du maître encore que l'authenticité de la signature (en bas, à gauche, signature postérieure: B. E. Murillo 1675) ne soit pas acceptable. Ce tableau, qui nous est parvenu en plusieurs variantes, est un représentant typique de la dévotion populaire exprimée avec de hautes qualités artistiques. La „Vierge avec l'Enfant et des anges musiciens" (le titre espagnol „La Virgen de la Faja", le titre français „La Vierge à la Ceinture") devait être exécuté vers 1655—60 et non pas à la date ajoutée à la signature. Les nuances éthérées des lilas-jaunâtres, le regard intime, attendri dont la Madone fixe son enfant, évoquent l'atmosphère et la réalisation artistique des meilleures oeuvres de Murillo. L'enfant Jésus, qui se pousse vers sa mère les bras ouverts, est un des Petits Jésus les mieux réussis qu'ait faits Murillo. L'enfant, qui semble avoir 8 à 10 mois, a les yeux large ouverts, fixés sur les têtes d'anges qui sortent des nuages; sur son petit visage joufflu, rêveur, tout content, le maître chercha à faire sentir l'effet enchanteur de la musique des deux anges musiciens, dont celui de droite joue du violon et celui de gauche pince de la guitare. Le traitement des couleurs sur ce tableau rappelle avec intensité le tableau délicieux „La naissance de la Vierge", exécuté en 1660 pour la cathédrale de Seville (aujourd'hui à Paris, au Louvre). La mère, emmaillotant son enfant, lange le nourrisson céleste avec des gestes naturels, à sa gauche on voit sur une petite table le rouleau de langes. 7 N° d'inv.: 780. Toile, 137X104,5 cm. Don de Miklós Esterházy, 1871. Angulo Iniguez, D.: op. cit. II. N° 161, 167. 8 Alfonso, A.: Murillo, Barcelone, 1886. 219. 9 Mayer, A. L.: Die spanischen Gemälde im Museum der Schönen Künste zu Budapest. Monatshefte der Kunstwissenschaft. I. 1908. 520. Entre autres Mayer cite dans la Wallace Collection de Londres une copie (Replik) faite, de son avis, d'après un original perdu. Pourtant, dans la collection il n'y a pas un tel tableau. Il pouvait peut-être prendre pour une oeuvre à un sujet analogue le tableau ovale, intitulé „La Vierge avec l'Enfant" (n» d'inv. P133) qui figura en 1849 à la vente W. Hope. Dans d'autres ouvrages il prend ce tableau pour une ancienne copie de bonne qualité, ou pour une réplique faite d'après un original perdu, et dans cet article il dit qu'il est d'un coloris particulièrement terni : „... in den Farben merkwürdig stumpfes Bild." Evidemment, à ce moment-là il n'était pas encore nettoyé et produisait un effet vraiment peu vivant.