Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 58-59. (Budapest, 1982)

PERIER-D'IETEREN, CATHELINE: Aspects récents de l'étude des volets de Colijn de Coter Marie-Madeleine affligée et Saint Jean pleurant, du Musée de Budapest

rière-plan du volet de Marie-Madeleine affligée sont deux arguments invoqués par J. Maquet-Tombu pour situer l'exécution des volets probablement vers 1522. 5 Néanmoins, l'auteur ne se prononce pas entre ces dates extrêmes. Les deux volets sont en bon état de conservation dans les parties princi­pales. 6 Leur attribution des deux panneaux à Colyn de Coter s'impose au vu des analogies qu'ils partagent avec les oeuvres signées et en particulier avec le volet de la Trinité: les Trois Marie en pleurs, peint entre 1510 et 1515. 7 Toutefois, une caractérisation stylistique différente de celle faite par J. Maquet-Tombu, un examen, jusqu'ici inédit, de la technique d'exécution ainsi que des comparaisons avec les figures du Retable I de Strängnäs peint par Colyn de Coter en colla­boration avec son atelier avant 1493 8 nous autorisent, pensons nous, à placer l'exécution des deux volets peu après 1500, et à y reconnaître des tableaux du maître appartenant encore au groupe d'oeuvres à tendance rogeresque. 9 Le type de visage de la Madeleine (Fig. 87) fournit un premier argument pour situer le volet dans le groupe d'oeuvres du début de la carrière de Colyn de Coter. Il procède, en effet, par plans agencés maladroitement et on y observe une distorsion très visible entre l'axe du nez, la partie gauche de la face, la bouche et le menton, dont le dessin par ailleurs est sec et même tranchant. Cette distorsion est encore accrue par un changement de composition du nez que rélève l'examen radiographique (Fig. 88). La première version est davan­tage dans le style des oeuvres plus tardives de Colyn de Coter, la forme est plus 5 J. Maquet-Tombu, Colyn de Coter, 1937, pp. 98—99. 6 Sur la photographie du volet de Saint Jean (Fig. 86) on décèle des retouches dans le ciel et une petite lacune sur la main droite du saint. Le manteau rouge est fortement retouché à plusieurs endroits, notamment la partie droite et avant. Diffé­rentes irrégularités de surface et un deuxième réseau de craquelures se superposant au premier, sont dûs à la transposition. La radiographie du volet de Marie-Madeleine (Fig. 88) fournit des renseignements plus précis. Une lacune assez étendue apparaît sur le bord gauche du panneau, entre les deux groupes d'arbres. Le ciel est très dégradé, en particulier dans le coin supérieur gauche, tandis qu'il présente un grand nombre de petites lacunes distribuées sur toute la surface. Quelques lacunes de peu d'étendue apparaissent dans la partie gauche du manteau de Marie-Madeleine et dans la partie inférieure de sa robe en brocart. En outre des lignes noires d'un tracé net, déconcertantes et difficiles à interpréter, marquent le visage de la sainte à hauteur du nez, du front, de l'arcade sourcilière et de la joue droite. Sont-elles la conséquence de l'usage d'une brosse trop dure lors de l'application de la couche d'impression blanche, ou d'un grattage du ton moyen suite à des modifications apportées au modelé? Nous pencherions en faveur de la première hypothèse. Les deux volets sont abîmés loca­lement en bordure des panneaux; ces dégâts sont très certainement provoqués par les modifications de format et par la transposition. 7 C. Périer-D'Ieteren, Colyn de Coter .. ., vol. I, pp. 84—95 (Thèse de doctorat présentée à l'Université libre de Bruxelles en avril 1981). 8 L'attribution du Retable I de Strängnäs à Colyn de Coter est défendue par nous dans les Volets peints des retables bruxellois conservés en Suède et le Rayonnement de Colyn de Coter, à paraître en 1983 dans les publications de l'Académie Royale des Lettres, d'Histoire et des Antiquités de Suède. 9 Nous n'avons pas adopté la division de l'oeuvre de Colyn de Coter en trois ,, périodes d'âge" telle que l'a proposée J. Maquet-Tombu, mais nous l'avons répartie en cinq groupes, identifiables chacun par le courant d'influence stylistique qui s'y marque. Le groupe de tendance rogeresque rassemble les oeuvres proches de la tradition des Primitifs flamands et de l'école bruxelloise, dans la ligne de Roger van der Weyden, par opposition au groupe de tendance flémallienne constitué par les oeuvres marquées par la recherche du volume plastique. L'appartenance des tableaux à l'un ou l'autre de ces deux groupes est parfois malaisée à établir, l'emprise de Roger van der Weyden et du Maître de Flémalle s'exerçant simultanément dans certaines oeuvres, surtout dans celles exécutées au début de la carrière de Colyn de Coter.

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