Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 56-57. (Budapest, 1981)
MÓRÉ, MIKLÓS: Restauration de la „Mort de Lucrece" de Sodoma
devait survenir au moment du remaniement ultérieur des surfaces endommagées. A ce dégagement nous devons de voir, au-dessus de la main de Lucrèce avec le poignard, la tête d'un homme âgé (fig. 61). Ce détail ressort faiblement du ton sombre du fond, et il est peint sommairement. Pour remanier, on a dû choisir, au lieu de la retouche, une solution plus simple, celle du repeint. Dans le coin opposé du fond, au-dessus de la tête du père de Lucrèce, quelques traits du visage d'un homme ressemblant, également âgé, peuvent passer pour être un pentimento. Il y a lieu de noter ici que la radiographie n'a démontré ni les personnages peints définitivement ni ce pentimento supposé. La méthode du complètement âtait déterminée par les dimensions relativement réduites du tableau, par la surface égale et surtout par la délicatesse des transitions. Dans ce cas, la retouche à aquarelle, généralement répandue, n'aurait pas pu aboutir à un résultat satisfaisant, et même en cas d'une hachure des plus soigneuses, elle n'aurait pas pu faire disparaître la tache verticale de l'endommagement, et ainsi aurait troublé l'unité du personnage d'un gris nacré, peint au sfumato. Cette technique ne convient pas non plus pour éliminer l'usure de la couche de colorants émaillés. Vu tout ce qui précède, j'ai choisi la solution traditionnelle, à la différence d'avoir réalisé la couleur de fond non pas avec une première couche, mais en colorant la matière de joint (fig. 62). Les endommagements du vieil homme à gauche de Lucrèce étaient particulièrement graves dans ses cheveux avec des boucles grisonnantes en abondance. J'ai déduit la manière de le compléter du style des parties restées en bon état, des parties fragmentaires, et de la structure technique générale (fig. 63, 65). L'essentiel de ma tâche était de réparer l'endommagement qui passe par la surface de Lucrèce, personnage central de la composition, représenté avec la plus grande concentration, la disparation importante d'une couche au-dessus de son front, et les parties rongées, augmentées par suite des interventions antérieures. Sur la photo faite du visage avant le nettoyage (fig. 64) on peut observer tous les endommagements qui plus tard, après l'élimination du vernis foncé et des réparations, ont encore davantage rompu l'harmonie des formes. Sur la photo faite après le nettoyage (fig. 66), ce sont surtout les taches verticale et au-dessus du front qui se font remarquer, mais un défaut très sensible est en outre la déformation de l'oeil droit et du bout du nez. C'est surtout le regard divergent, causé par l'usure de l'oeil, qui était à l'origine de graves soucis. La photo faite après le rétablissement de la surface du creux au-dessus du front (fig. 67) documente l'étendue réelle de l'endommagement. Dans la retouche de la figure de Lucrèce les éléments existants de la forme ont déterminé le complètement du corps. Cependant, pour rétablir le visage, j'avais besoin d'aide. Je l'ai eue d'une part de la prise de vue en lumière ultraviolette 2 qui a montré qu'à l'origine les yeux regardent vers le haut, et de l'autre de la reproduction de la version qui se trouve dans la collection de la Galleria Sabauda de Turin (fig. 68). Sur ce tableau, le visage de Lucrèce est très proche de celui de notre version, malgré la direction opposée du mouvement de la tête et celle du regard. Pour plus de précision il est toutefois à noter que, malgré toute la ressemblance, le regard de notre version est plus douloureux. - Haraszti-Takács, M.: op. cit. fig. 64.