Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 56-57. (Budapest, 1981)
EISLER, JÁNOS: Vierge a l'Enfant: Style et date d'exécution d'une terre cuite provenant de l'atelier de Lorenzo Ghiberti (?) IIe partie
La différence entre un antécédent et l'oeuvre exécutée peut être beaucoup moins importante dans le cas d'un modello et de la statue achevée que dans le cas d'une esquisse ou d'un patron. Les traits différents qu'on peut observer sur le dessin attribué à Ghiberti et conservé à l'Albertina de Vienne et dans le relief en bronze, la Flagellation, montrent clairement que l'artiste suivit librement l'esquisse (ou les esquisses) lors de l'exécution d'une statue. 16 En considérant le rapport étroit qui lie notre statue aux oeuvres de l'atelier de Ghiberti, mais tenant compte de ce qu'elle présente peu de traits analogues, je me permets d'imaginer une esquisse qui plus tard fut perdue et qui servait de modèle à la terre cuite de Budapest dont le lieu d'exécution ne fut pas forcément l'atelier de Ghiberti. Dès la publication de l'étude de 1931 de Mme Yolande Balogh, on a déjà la possibilité de connaître la Madone d'humilité de la Collection Kress (fig. 35). 17 Bien qu'elle soit une statue en marbre, il nous paraît possible de la rapprocher, malgré la différence des matières, de la terre cuite de Budapest par les formes souples et molles et le caractère des métacarpes. L'auteur de ce rapport n'a pas eu la possibilité de voir de ses propres yeux la statue de Washington, ce qui explique qu'il ne peut, ni veut formuler aucune opinion sur la question d'attribution de la statue. Il veut cependant rappeler que la statue de Budapest a déjà été plusieurs fois liée, par la littérature, à l'activité de Quercia. Les détails de la statue de Budapest, mis en relief lors de nos analyses: les mains, le profil de la Vierge, l'anatomie de l'enfant, l'éloignent, à notre avis, des formes connues, formes pleines classiques de Ghiberti. Nous avons évoqué plus haut les métacarpes un peu gros et le pouce écarté de la paume, incliné vers le haut de notre terre cuite. L'énumération ci-dessous révèle que la forme unie, sommaire, peu alourdie des métacarpes et le pouce légèrement écarté sont beaucoup plus fréquents dans les oeuvres de Jacopo délia Quercia que dans celles de Ghiberti. La liste peut commencer par la Madone d'humilité de Washington dont nous avons parlé tout à l'heure et qui est attribuée tantôt à di Cori ou à Turino. Puis suivent les autres exemples de l'oeuvre de Quercia, le polyptyque de Lucca et la Vierge de la lunetta de Bologne. Tandis qu'aucune autre oeuvre de Ghiberti ne donne l'exemple de cette juxtaposition et de ce voisinage si étroit de la Mère et de son enfant, dans le relief la Fuite de Quercia, dans San Petronio, la mère et son enfant rapprochent la tête de la même façon que dans le cas de la statue de Budapest. Il est enfin caractéristique d'observer que la Fontaine Gaia et la lunetta de Bologne présentent la même attitude que la terre cuite de Budapest: l'axe de la statue assise ne suit pas la frontalité axiale, mais le genou gauche. De cette façon, la vue d'ensemble permet de voir aussi l'ordonnance des plis latéraux. Cette disposition ,,détournée" aux 3/4 n'est Catalogue of the Italian Sculpture in the Victoria and Albert Museum. Londres, 1964. I. Texte. N°s 56—57, p. 65—68; Middeldorf, U.: Sculptures from the Samuel H. Kress Collection, Europaen Schools. Fourteenth to Nineteenth Century. Phaidon Press, Londres, 1976. p. 13—14. Le résumé de la littérature relative à l'attribution et à la date du dessin et l'analyse du problème du point de vue de l'histoire du dessin voir Degenhart, B. — S c h m i 11, A. : op. cit. Tome 2. Nos 168. R a g g h i a n t i, C. L. : La mostra di scultura italiana antica a Detroit in: La Critica d'Arte, 1938. p. 170—183, p. 181; V a 1 e n t i n e r, W. R.: Catalogue of Italian Gothic and Eearly Renaissance Sculptures. Detroit, 1938. Giovanni di Turino; Seymour, Ch. — S w a r z e n s k i, H.: ,,A Madonna of Humility and Quercia's Early Style"' Gazette des Beaux-Arts, 30. (1946) p. 129—152. Bravo, C. del: op. cit. p. 33: Giovanni di Turino.