Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 56-57. (Budapest, 1981)
EISLER, JÁNOS: Vierge a l'Enfant: Style et date d'exécution d'une terre cuite provenant de l'atelier de Lorenzo Ghiberti (?) IIe partie
Concernant la position de la jambe de l'enfant, en fait d'analogie la sculpture n'en offre plus, mais la peinture florentine en offre beaucoup. Fra Angelico se sert de la même position relevée de la jambe dans les détails de ses deux peintures représentant la Vierge et l'enfant, peintes vers 1425 (Rome, Pinacoteca Vaticana) et en 1422—23 (Fiesole, S. Domenico). La date récemment admise du dernier de ces deux tableaux est convaincante, 10 d'où il découle que ces peintures datables des années 1422/23 et 1425 sont moins anciennes de 5 à 10 ans que la conception de certains autres détails de notre statue conçus, à notre avis, un peu plus tôt. Il est fort probable que Fra Angelico emprunta ce motif à l'atelier de Ghiberti, puisque dès 1423 Ghiberti est membre de la corporation des peintres et nous savons qu'en 1432 Fra Angelico suit, dans l'une de ses oeuvres, un patron de Ghiberti. 11 Les chercheurs ont essayé d'étudier plus attentivement la tête de la Madone de Budapest, en prenant en considération ses affinités typologiques (fig. 31). 12 Mais ce type et ce rendu du visage sont beaucoup plus caractéristiques des détails achevés de la main d'autres maîtres, comme par exemple la tête d'un ange tournée vers le spectateur dans le Baptême de Jésus-Christ de Turino à Sienne (1425—27) (fig. 32) que des oeuvres autographes de Ghiberti (et surtout non des oeuvres de la période d'entre 1414—24). Le même type de visage est représenté par la Madone de la terre cuite de Budapest, l'ange de Turino que nous avons évoqué, la Fides debout de Donatello des Fonts baptismaux à Sienne (fig. 33) et la statue munie de l'indication ,,Florence, premier tiers du XV e siècle", conservée aujourd'hui à Detroit et exécutée approximativement une décennie plus tard (fig. 34). Cette dernière figure est d'un style plus mûr et d'une composition différente, mais il est intéressant de signaler que les types ci-dessus, étant très proches l'un de l'autre, s'éloignent des caractéristiques du visage des Vierges exécutées par Ghiberti dans la première décennie (détails mentionnés des portes de bronze). Les observations concernant l'enfant Jésus et le visage de la Vierge, c'està-d-re l'analyse des détails, semblent nous opposer à la date de la conception de notre statue et de toutes les oeuvres qui peuvent y être rattachées du point de vue style, à cause de la date probablement plus tardive de l'exécution des détails de la statue. Cette contradiction trouve son explication dans le pratique des ateliers: le prototype du visage fut toujours utilisé, peut-être en forme de disegno ou de modello, dans l'atelier de Ghiberti, mais le modèle formulé dans la deuxième décennie fut de plus en plus transformé, puisque les patrons et les 10 C'est Mme J. Balogh qui attira la première fois l'attention sur les traits analogues: op. cit. p. 28. (Etudes de la Collection de la Sculpture du Musée des BeauxArts. Annuaires du Musée Hongrois des Beaux-Arts, Budapest, 1931. VI. 1929—30.) Pope-Hennessy propose de dater la Vierge assise sur le trône de Fiesole de Fra Angelico des environs de 1425 et sa peinture la Vierge et l'enfant avec Saint Dominique et Sainte Catherine d'Alexandrie, conservée à la Pinacoteca Vaticana de Rome, d'une période très tardive, en l'attribuant, en plus, à un autre maître. (Date: 1449, de Zanobbi Strozzi: Pope-Henessy, J.: Fra Angelico. Londres, 1974. 2 10, 233) Il faut signaler que le tableau de Vatican est généralement daté de la période de celui de Fiesole, ainsi — par Salmi, Redig de Campos — de 1426. B a 1 d i n i, U.: Opera compléta dell'Angelico. Milan, 1970: situe la peinture de Fiesole entre 1428 et 30 (p. 87) et celle de Rome à 1435 (p. 95). B o s k o v i t s, M.: Un'adorazione dei magi e gli inizii dell' Angelico. Abegg-Stiftung Bern, N° 11. 1976. p. 2—25. date les tableaux d'une période plus ancienne. 11 Krautheime r, R. : op. cit. p. 264. 12 Balogh, J. : op. cit. p. 26.