Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 55. (Budapest, 1980)

KAPOSY, VERONIKA: Dessins italiens du XVIIIe siecle

DESSINS ITALIENS DU XVIII e SIÈCLE Le dessin à la plume colorié au lavis représentant Le jugement de Salomon a appartenu aux dessins français datés du XVII e (fig. 41). 1 La feuille entra au musée faisant partie de la collection Esterházy. Elle fut au commencement attribuée à Le Sueur, puis à l'un de ses imitateurs et enfin à François Ferrier. 2 Mais ces attributions n'ont pas été acceptables. Il est incontestable que le dessin peut être caractérisé par certains traits du classicisme, par exemple par la figure trônante de Salomon et les figures du groupe de droite qui observent la scène pleines d'inquiétude. Mais l'ensemble formé de la mère protestant de façon désespérée et du soldat saisissant l'enfant est plutôt de caractère baroque non seulement à cause du mouvement de la scène, mais aussi à cause de la technique et des lignes fortement ondoyantes du dessin. Enfin la feuille exclut catégo­riquement non seulement le style du dessin des deux maîtres ci-mentionnés, mais généralement celui des maîtres français, l'artiste devait être cherché en Italie. La recherche fut couronnée de succès seulement lorsque nous avons réussi à découvrir non seulement le maître du dessin, mais l'oeuvre exécutée aussi. Notre dessin constitue une esquisse faite par Agostino Masucci (1691—1758) 3 à la peinture à l'huile de Museo Civico de Turin installée auparavant dans Pa­lazzo Madaima (fig. 40). 4 Dans le tableau signé en 1738, la composition apparaît devant nous en forme parfaitement élaborée. Tandis que dans l'arrière-plan du dessin, les arcades tracées aux lignes pâles servirent seulement à faire sentir la profondeur de l'intérieur, le tableau présente l'intérieur d'un palais énorme avec ses colonnes et ses balcons. Le mouvement des figures diverses, la dispo­sition des groupes sont quelque peu modifiés dans le tableau de Turin (ainsi l'enfant est tenu de sa mère, l'attitude de Salomon vu de profil est moins rigide, etc.). Par les changements la composition est non seulement rendue plus élabo­rée, mais sa structure aussi harmonieusement équilibrée. Masucci d'origine de Rome fit des études d'art de la peinture chez Andrea Procaccini, puis il fut le dernier élève bien aimé du vieux Carlo Maratta. Au 1 No d'inv.: 2900, plume au lavis gris et brun, crayons noir et sanguine 361x427 mm. Collection d'Esterházy (34.11) Le Sueur, au Musée: imitateur de Le Sueur, puis artiste français inconnu du XVII e siècle. 2 Meisterzeichnungen aus dem Museum der Schönen Künste in Budapest. Gra­phische Sammlung Albertina. Wien, 1967. Cat. de l'exposition, no 94, fig. 26. Exposé encore à Leningrad en 1970. No du cat. 76. 3 Dizionario Enciclopedico B o 1 a f f i dei pittori degli incisori italiani dall XI al XX. secolo. Vol. VII. Torino, 1975. 275—277, fig. 403. 4 Museo Civico di Torino, n« d'inv. 16, huile, toile, 190x210 cm. Mailé, L.: I dipinti del Museo d'Arte Antica. Torino, 1963. 128, pl. 182.

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