Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 55. (Budapest, 1980)
BENKŐ, ÉVA: Sur un „Portrait de femme" par Godfrey Kneller
nous nous contentons — par suite des arguments présentés dans Vexcursus — de soulever seulement cette hypothèse et de prendre, faute de preuves plus fondamentales et à la base des analogies ci-énumérées, le détail du parc à la fontaine et le motif de fleur tout simplement pour les accessoires caractéristiques de l'atelier de Lely. La suite de l'analyse de notre tableau nous permet d'apercevoir des motifs qui sont en rapport nettement reconnaissable avec l'art de Van Dyck. La main gauche stylisée de la personne représentée, surtout la pose maniériste des doigts élégamment longs (fig. 33) montre une ressemblance étroite avec quelques portraits du maître, parmi lesquels „Philip Lord Herbert", „The Duchess of Richmond and Mrs. Gibson", „Lady Isabella Rich" (tous les trois à Wilton House de Wiltshire, v. le dernier fig. 31 ) 20 et constitue, avec plus ou moins de variation, d'armoiries et de devises (v. G o m b r i c h, E. H. : Symbolic Images. Studies in the art of the Renaissance. Londres, 1972. 160.). Après tout cela il n'est pas peut-être sans raison de supposer que les trois fleurs et les fontaines (la fontaine murale et la fontaine jaillissante) représentées dans notre tableau, sont peut-être des symboles néo-platoniciens. Sous cet aspect nous trouvons intéressant de mentionner, comme l'exemple du sens symbolique néo-platonicien de la fleur, l'une des peintures remarquables de Raphaël dont le thème, „Le songe de Scipion" (Londres, National Gallery, v. Wind: op. cit. fig. 33) est véritable sujet antique et néo-platonicien. Dans le tableau une figure féminine offre un livre et une épée et une autre des fleurs au héros dormant sous le laurier (les fleurs sont aussi, de même que les jasmins de notre tableau et ceux de la composition de Léonard, de l'espèce de jasmin trouvée, par Mme Dr. Csapody, à Opatija). Elles symbolisent les trois attributs nommés de Platon raison, courage et désir dont les deux premiers, c'est-à-dire les données intellectuelles et morales appartiennent, d'après le schéma de ,,triplex vita" de Platon, au domaine de l'esprit, tandis que le troisième, le désir symbolisé dans le tableau par les fleurs, au domaine des sens (v. ibid. 78). La pose du corps de Scipion indique que — bien qu'il soit attiré par la vertu — la fleur fait également partie de son songe, la conception du tableau suit, sous ce rapport, la morale de Ficin dans le sens de laquelle la bonheur humaine se compose de trois composants, de la sagesse, du pouvoir et de la volupté (sapientia, potentia, voluptas) — cette dernière est symbolisée dans le tableau par la fleur — et la possession de n'importe quel de ces composants, aux dépens des deux autres, est injuste, de plus blasphème (v. ibid. 79). Sous cet aspect, par rapport à la fontaine, nous voudrions seulement y ajouter que pour le philosophe néo-platonicien, Pic de La Mirandole, les eaux représentaient le mouvement éternel apte aux tous changements formels, l'empire chaotique des changements, la nature informe d'où il fit naître Vénus, c'est-à-dire la beauté, le principe complexe impliquant la multiplicité (cité ibid. 114.). En résumant nos observations, nous trouvons possible que certains motifs particuliers de notre tableau, ainsi la fontaine et la fleur, se rattachent,^ par leur sens symbolique supposé, aux doctrines de l'art d'aimer néo-platonicien, aux idées de la beauté et de l'amour (ces deux dernières notions constituant le programme iconographique des séries de portraits à Windsor et à Hampton Court aussi, v. Stewart: op. cit. 6) formulées par Ficin, Leone Ebreo, Pic de La Mirandole, Pietro Bembo. Dans notre tableau, comme nous l'avons constaté ci-dessus, la fleur symbolise, selon l'interprétation néo-platonicienne, le désir charnel dans les grades différents de l'amour. L'association d'idées présentée ci-dessus est renforcée par le sens profane et vulgaire du jasmin; parmi d'autres „beauty", „love" (v. V r i e s, Ad. de: Dictionary of Symbols and Imagery. Amsterdam, Londres, 1974. 276.). „Le fanciulle toscane se ne ornano nel di di nozze." — lisons-nous dans l'oeuvre citée de Cairo, G. (142). L'interprétation profane vulgaire de la source, de la fontaine, ou de la fontaine jaillissante provenant d'époques différentes indique également, comme nous l'avons mentionné ci-dessus, le domaine des sens et renforce par cela notre constatation ci-dessus. 20 Wilkinson, N. R.: Wilton House Pictures. Londres, 1907. N° de cat 101, fig. 101; no de cat. 121, fig. 121; no de cat. 116, fig. 116.