Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 53. (Budapest, 1979)

KAPOSY , VERONIQUE: Une oeuvre de François Verdier

ne sont pas de copies mais des variations des figures de Le Brun. Il en est de même pour le personnage du côté gauche, tombé sur le visage, les bras étendus en avant. A gauche, un homme porte sur l'épaule une femme évanouie dont le bras droit retombe, tout rigide, tandis que l'autre bras est replié au­dessus de sa tête retombée. Ce geste est à voir inversé sur le tableau de Le Brun, l'homme, à l'arrière-plan, ne soulève pas le corps inanimé, mais il le tient devant lui, à la hauteur de la taille/ 1 On retrouve également chez Le Brun le modèle de la femme assise par terre, soutenue par ses compagnons. Là, appuyée contre les genoux d'une femme en pleurs, elle regarde le serpent d'airain. Du côté droit de notre tableau, une femme en fichu les bras étendus, est en imploration."Cette figure manque sur le tableau de Bristol, mais elle est présente sur une peinture de grandes dimensions à Pique-Puce, connue d'après la gravure de Benoît 1 Audran/' Comme modèle de la mère sanglotante, penchée sur son enfant couché par terre, on peut citer un tableau de Le Brun au musée de Rennes, intitulé ,,Descente de croix", ou une femme vêtue de la même façon couvre ainsi son visage de ses mains croisées.'' Cette esquisse à huile du Musée des Beaux-Arts est une oeuvre au style typiquement personnel malgré toutes ces ressemblances et ces motifs emprun­tés. Aussi regrettable que soit son état inachevé, c'est précisément ce caractère d'esquisse dessinée qui révèle son auteur. Les contours tracés à des coups de pinceaux vigoureux, les altérations plus grossières des figures de Le Brun, la musculature accentuée, les poses rappelant souvent des études académiques, la manière moins modelée, plus plate, tout cela est propre à l'art dessinateur de l'élève du maître, François Verdier (1651—1730). Déjà à l'Académie, Verdier 7 était élève de Le Brun et en 1685, ayant épousé Antoinette Butay, nièce de la femme de son maître, un lien de parenté fut établi entre eux. Longtemps, il travailla dans son atelier, participa aux travaux importants de Versailles et à l'exécution des cartons pour les grandes tapisseries des Gobelins. 8 Entre 1688—1698, sur commande royale, il peignait des scènes religieuses et mythologiques pour le Trianon. 9 On rencontre souvent ses dessins typiques dans des collections plus importantes. Parfois il exécuta Les esquisses de Le Brun pour cette figure sont conservées au Cabinet des Dessins du Louvre. No d'inv. RF. 2370, 28.387. T h u i 11 i e r, J. — Montagu, J. : op. cit. Nos 61—62. 5 W i 1 d e n s t e i n, D. : Les oeuvres de Charles Le Brun d'après les gravures de son temps. Gazette des Beaux-Arts. 1965, juillet-août. 4, n° 12. li Rennes, Musée des Beaux-Arts. Le Maréchal de Villeroy commanda vers 1679 cette oeuvre pour les Carmélites de Lyon. Avec son tableau, achevé en 1684, Le Brun eut du succès. T h u i 11 i e r, J. — Montagu, J. : op. cit. No 41; Montagu, J.: The Church Decoration of Nicodemus Tessin the Younger. Kunsthistorisk Tidskrift, 1962. 1—27; T h u i 11 i e r, J.: Le Brun et Rubens. Bulletin des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique. 1967. 259—263. 7 Thieme, U. — Becker, F. : Allgemeines Lexikon der bildenden Künstler. Bd. XXXIV. Leipzig, 1940. 233—234. 8 II est à supposer qu'il ait collaboré à l'exécution des cartons pour la série de tapisseries représentant l'histoire de Moïse et dont une pièce fut faite avant 1687 à l'atelier parisien de Jan Jans fils d'après la composition de Le Brun représentant le Serpent d'airain. G ö b e 1, H.: Wandteppiche. II. Teil. Die romanischen Länder. Leipzig, 1928. Bd. I. 134—135, Bd. II. Taf. 97. 9 Schnapper, A.: Tableaux pour le Trianon de Marbre, 1688—1714. Paris­La Haye, 1967.

Next

/
Thumbnails
Contents