Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 53. (Budapest, 1979)
GARAS, CLAIRE: Tableaux baroques inconnus a Budapest
sujet, de Jésus en discussion avec les docteurs: une fois, sous une forme semicirculaire, comme lunette de l'église S. Defendente de Romano di Lombardia (1676), et une fois comme supraporte à l'église II Gesù de Frascati (1681—84). i:î Dans ces deux cas le format est en largeur. La version de Budapest, avec le format étroit en hauteur, avec les personnages s'élevant en hauteur dans l'espace serré, en diffère, mais les principes généraux de structure, la construction du groupe, les types, le dessin du fond, montrent de nombreuses concordances. Sur la peinture de l'église S. Defendente et son esquisse retrouvée à Londres (fig. 119) 14 Jésus, en profil, est assis sur une haute tribune bâtie des mêmes carreaux, sa main droite soulevée, une colonne derrière lui. Dans les trois cas, le fond est la même salle semi-circulaire, articulée par des pilastres plats, achevée en haut de la même manière par la draperie tirée à côté par une corde, et avec la statue en niche. L'éclairage est également analogue, identique est le rôle que joue la lumière, mettant en relief, en les effleurant, quelques figures des groupes serrés, les étranges têtes de caractère, et il y a de l'analogie aussi dans le repoussoir et dans l'arrangement dense des personnages en profil. Cet arrangement et ces types se rencontrent souvent dans les oeuvres de Pozzo datant des années 70 et 80. L'architecture et le rideau ont le même aspect sur le tableau d'autel de San Sepolcro, dans la scène représentant Saint François Xavier qui baptiste la reine. Plusieurs personnages du tableau de Budapest reviennent, presque sans changement, dans une des oeuvres maîtresses de Pozzo, la fresque du sanctuaire de l'église jésuite de Mondovi. Dans la peinture de plafond „Saint François Xavier baptise le peuple", et dans l'esquisse à cette scène conservée au musée de Trento (fig. 120), le vieillard à barbe blanche, à couvre-chef blanc, est placé au bord droit, près de la balustrade, tandis que sur notre tableau il est au pied de Jésus. Le profil marqué que l'on voit vers l'intérieur, en bas du groupe de baptême, est, sur le tableau de Budapest, celui de l'homme assis dans l'angle droit d'en bas; l'homme rondelet, en bonnet bordé de fourrure est déplacé du côté gauche de la fresque dans le champ central du tableau de Budapest — et l'on pourrait encore citer d'autres analogies. Ce phénomène, la reprise et l'application presque sans changement de certains détails compositionnels, de groupes, de personnages et de têtes, sur plusieurs oeuvres est très fréquent dans l'art de Pozzo, et très caractéristique. Comme son dernier monographe B. Kerber écrit: „einmal erfundene Bildfiguren werden also von Pozzo wie Versatzstücke behandelt und benutzt um innerbildliche Regiefragen zu lösen. Sie sind nicht für ihren Bildort geschaffen, sondern aus ihrem Ensemble wird das Bild erstellt. Den verschiedenen Bildfassungen liegt ein gemeinsames Figurenrepertoire zugrunde". 1 "' Cette manière de procéder rend évidemment difficile la datation des oeuvres nouvellement découvertes de Pozzo. Plus que les motifs, plutôt les éléments généraux du style, de la structure et des formes peuvent être confrontés pour fournir des points de repère à la définition des oeuvres qui ne sont pas 13 K e r b e r, B. : Andrea Pozzo. Berlin-New York, 1971. fig. 4—5. 14 Faces and figures of the Baroque. Autumn exhibition. Londres, Heim Galleries, 1971. No 13. huile, toile, 51x99. Dans le catalogue une autre esquisse est mentionnée, qui se trouva dans le commerce d'art italien. 15 Kerber: op. cit. 15.