Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 53. (Budapest, 1979)

GARAS, CLAIRE: Tableaux baroques inconnus a Budapest

TABLEAUX BAROQUES INCONNUS A BUDAPEST Nos connaissances relatives à la peinture des XVII —XVIII e siècles se sont considérablement accrues ces derniers temps. D'importants travaux méthodi­ques, des monographies sur les écoles et les maîtres, des expositions d'ensem­bles et individuelles, le dégagement des problèmes iconographiques et des rapports sociaux, la publication plus systématique des sources et documents, tout cela a permis de se faire peu à peu une idée non seulement de l'oeuvre des grands maîtres, mais aussi des phénomènes artistiques concomitants, des détails. Armés de ces riches informations, nous sommes à même maintenant d'entreprendre l'identification de certaines pièces, jusque là inconnues, du riche fonds baroque du Musée des Beaux-Arts, et de préciser leur place dans l'ensemble artistique de cette époque. Nous parlerons en partie de nouvelles acquisitions, en partie d'oeuvres qui échappèrent jusque-là à l'attention dans les dépôts, ou qui, à cause des remaniements ou de la mauvaise conservation, étaient difficilement identifiables. En 1971, le Musée a acheté un Portement de la Croix 1 (fig. 114), de long format étroit, comme oeuvre d'un peintre italien. Ce tableau avec sa foule mouvementée, avec le mont du Calvaire tel une meule, imite la gravure repré­sentant le Portement de la Croix de la série intitulée la Grande Passion de Jacques Callot, 2 mais à bien des égards contient d'éléments originaux, fait preuve de style personnel. On y trouve une certaine parenté avec les maîtres du cercle Callot en Italie, avant tout avec les oeuvres de Filippo Napoletano, mais les divergences sont également de poids. Dans les oeuvres de Napoletano, avant tout dans le Calvaire à Florence, authentique et fondamentale pour la confrontation, le rapport entre le paysage et les figures est différent, les per­sonnages sont plus petits et différents, c'est le caractère paysagiste qui domine et les effets dramatiques de lumière y manquent. 3 Au fond, nous connaissons encore peu l'oeuvre de Filippo de Llano, c'est-à-dire Filippo d'Angeli autrement Filippo Napoletano qui avait travaillé à Rome, à Florence et à Naples. Les 1 N° d'inv.: 71.5, huile, toile, 69x149. 2 Ternois, D.: L'Art de Jacques Callot. Paris, 1962. fig. 36/a, 1.286, 1619—1624; esquisse dessinée dans le sens inverse au Louvre, voir Ternois, D.: Jacques Callot. Catalogue complet de son oeuvre dessiné. Paris, 1961. 380 N. 585. 3 Florence, Gai. Pitti, Inv. 1666 (de Rome 1626), voir C h i a r i n i, M.: Filippo Napoletano e il cardinale Carlo de Medici. Paragone 1976. No 313. 61.

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