Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 53. (Budapest, 1979)
HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Contribution a l'histoire de la collection Greco du musée
provenaient de la cathédrale de Sigùenza. Les sources documentaires du XVIII e siècle ne font pas mention de ces tableaux, mais il est à retenir que dans son ouvrage monumental sur les monuments d'art en Espagne Ponz dit qu'en 1613 (donc un an avant la mort du Greco) un magnifique tableau d'autel fut posé dans la cathédrale de Sigùenza, remplacé en 1761 par une oeuvre „moderne". 14 Bien que Ponz ne mentionne pas l'auteur du tableau d'autel, il n'est pas impossible qu'il fût le Greco. Tout ce qu'il indique c'est que le retable démonté se trouve dans une des chapelles du monastère. 15 A propos de l'autel de 1613, il mentionne une statue de Saint André, mais parmi les tableaux énumérés on ne trouve pas le Christ au Mont des Oliviers qui proviendrait de la cathédrale de Sigùenza. Cette description est cependant faite en grandes lignes et traite plutôt le fait même du démontage et moins les reliefs, statues et peintures du retable divisé en trois parties architecturales. A la cathédrale de Sigùenza est toujours conservée une „Annonciation" non mentionnée dans les sources anciennes qui est du Greco ou vient de son atelier, ce qui montre qu'il devait y avoir un retable dont la partie picturale était probablement oeuvre du maître de Tolède. Les changements de la mode ont condamné au démontage ce retable, ou peut-être ces retables. Les anciens propriétaires se séparaient volontiers des toiles du Greco quand l'intérêt s'éveillait pour les oeuvres de ce maître. Il y avait des personnes qui, précédant la mode du temps, acquirent trop tôt des oeuvres du Greco, mais la majorité n'était pas désireux d'acheter ces „croutes". Parmi ceux qui étaient désireux le nom de Marcell Nemes a déjà été mentionné. Nous ignorons quand il a acheté pour la première fois un tableau du Greco. Ce qui est certain c'est que, à l'exposition de sa collection organisée au Musée en 1910, cinq oeuvres du Greco furent présentées dont trois sont aujourd'hui propriété du Musée des Beaux-Arts. En tout, Marcell Nemes possédait 14—16 tableaux du Greco, et en plus grand nombre ils étaient à voir à la vente à Paris. 16 Marcell Nemes se trouvant, par suite d'importantes spéculations, en embarras d'argent, le gros de sa collection, dont aussi les Greco acquis depuis par le musée de Budapest, a passé dans la collection du baron Mór Herzog à Budapest. Il est à supposer que les deux Greco mentionnés dans la collection Hatvány aient été acquis par l'intermédiaire de Nemes, comme c'est également le baron Hatvány qui acheta les deux Goya offerts sans succès en 1909 au Musée des Beaux-Arts. 17 La personnalité exceptionnelle du collectionneur Marcell Nemes a été appréciée dans les catalogues de différentes expositions, par des experts illustres. En 1910 Gábor Térey écrivit sur lui: „Le secret de son activité de collectionneur est qu'il a un amour infini de l'art, un oeil sûr et un goût 14 Ponz, A.: Viaje de Espana. Madrid, 1947. 1160. Ponz a probablement vu à une occasion antérieure l'imposant retable de Sigüenza, articulé par trois ordres de colonnes, et il est à supposer qu'il en décrit les détails de mémoire. Il ne mentionne pas de nom d'auteur à propos du retable. 15 Op. cit. 1164. „Aqui es donde se conserva el tabernáculo antiguo del retablo mayor de la iglesia ...". 16 Vente Manzi, Paris. Collection Marczell de Nemes de Budapest. Paris, 1913, 17—19 juin. I—V. 17 Cf. le document d'archives sous No 1813/1909. Au musée, l'offre à la vente était tenue en évidence jusqu'en 1912. Il n'y a aucune trace dans les archives du refus définitif, mais les tableaux ne furent pas achetés.