Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 51. (Budapest, 1978)

HARASZTI-TAKACS, MARIANNE: Encore une fois sur les Lucrece du Sodoma

Comme les écrivains contemporains nous en renseignent, le Sodorna avait peint Lucrèce à plusieurs reprises. La première est présentée par Vasari 8 « .. .una Lucrezia Romana ignuda, che si dava con un pugnale ». Selon Vasari, par l'inter­médiaire d'Agostino Chigi, ce tableau fut offert par le Sodorna en don au pape Léon X. 9 Pendant son pontificat (1513—1521) le pape a passé, entre 1515—1516, quelques mois à Florence où, selon des documents contemporains, le Sodorna pas­sa plusieurs fois à la même époque. Dans une lettre de 1518 adressée à Alfonso d'Esté il écrit: « .. . corne già tempo fa, essendo io con la Santità di Papa Leone a Fiorenza . . .» 10 Vasari écrit sur le tableau que l'héroïne est dévêtue, mais ne mentionne pas si elle est seule ou parmi les membres de sa famille. La référence suivante à une des Lucrèce du Sodorna, qui traita fort peu des sujets antiques, est déjà plus détaillée, elle vient également de Vasari. C'est la description d'une Lucrèce faite pour un certain Assuero Rettori de San Marti­no. Il est à supposer que Vasari, d'ailleurs fort prévenu contre le Sodorna, avait peut-être vu le tableau, ou bien il s'appuyait dans sa description sur quelqu'un qui le connaissait bien: «... fece per Assuero Rettori da San Martino ... una Lucrezia Romana, che si ferisce mentre è tenuta dal padre e dal marito, fatti con belle attitudini e bella grazia di teste. » !1 C'est une lettre du Sodorna, datée du 3 mai 1518, qui nous renseigne sur une troisième Lucrèce. Dans cette lettre, adressée à Francesco Gonzaga duc de Mantou, il mentionne, entre autres oeuvres, une Lucrèce peinte à l'intention du duc. Cependant, à Florence, Giuliano de'Medici l'a vue et ainsi le Sodorna était forcé de la céder au Magnifico. 12 Dans une lettre, datée du même jour, adressée à Alfonso d'Esté duc de Ferrare, il parle également de tableaux qu'il devait peindre pour le duc «... per­ché glio ô a fare certi quadri . . . » i3 La réponse de Francesco Gonzaga nous étant inconnue, nous ne savons pas s'il avait définitivement renoncé au tableau exécuté pour lui, et peut-être com­8 Op. cit. p. 387. 3 « ... gli venne fatto un bellissimo corpo di femina ed una testa che spirava: la quale opera finita, per mezzo d'Agostin Chigi, che aveva stretta servitù col papa, la done a Sua Santità; dalla quäle fu fatto cavalière e rimunerato di cosi bella pit­tura ... » Id. ibid. 10 Publié par C u s t, R. H. H. : Giovanni Antonio Bazzi (Hithertho Usually Sty­led « Sodorna ») The Man and the Painter. Londres, 1906. p. 297 : Vu que Léon X, en route vers Bologne, séjourna plus longtemps dans sa ville natale en 1515—1516, tandis que Giuliano Medici, à qui le Sodorna se réfère dans une autre lettre écrite le même jour, mourut en 1516, il est probable que le peintre ait rencontré Léon X ces années­là. Le premier document où il se nomme « cavalière»- date de janvier 1517 (Cust, op. cit. p. 151), et semble donc attester que c'était à Florence où il fit don au pape du tableau, et où, peut-être, il obtint le titre de chevalier. 11 Op. cit. p. 397. 12 « Feci una Lucretia per V.III. S. et venendo a presentarla a quella fu veduta in Fiorenza dal Magnifico Giuliano, et fui sforzato a lassarla. Priegho V. III. S. si degni infallanter un minimo verso farmi intendere il desiderio di Quella, et io semp­re sono prontissimo a piacere di Quella...» Signé: Io. Antonius Sodona (sic) Eques Senis. Publié par Cust, op. cit. pp. 296—297. L'auteur pense que c'est le tableau mentionné par Vasari peint pour le pape, et par lequel Giuliano voulait faire plai­sir à son frère. Vasari par contre nomme clairement Agostino Chigi comme intermé­diaire à propos du tableau Lucrèce. 13 Id. p. 298.

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